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Prolétaires de tous les
pays, unissez-vous !
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Conférence
des Cadres du PCB
Tenue à Cotonou le 21 juin
2008
Thème :
actuelles
des grands bourgeois :
contre la "guerre silencieuse" et pour
une nouvelle époque révolutionnaire au monde.
Rapport
rédigé et présenté par
Pascal
FANTODJI
Premier
Secrétaire du PCB
Adopté
à l’unanimité par
Introduction
En mars 1913, Lénine publiait dans le n° 3 de
"Prosvechtchénié" (L’Instruction) un article intitulé "Les
trois sources et les trois parties constitutives du marxisme". Le nom
même de cette revue indique l’importance que le révolutionnaire Lénine
(initiateur de la revue) accordait aux problèmes de l’instruction de la
jeunesse et des peuples ainsi qu’on peut le noter tout au long de la vie de ce
classique du matérialisme militant et du marxisme qu’il a élargi et développé.
On eût dit que Lénine avait conscience de son rôle après les grands maîtres que
furent Marx et Engels à qui il consacrait déjà pour le premier, un article
rédigé en 1913 et de titre "Karl Marx" et pour le second un article
de titre "Friedrich Engels" rédigé en automne 1895 et publié pour la
première fois en 1896 dans le recueil "Rabotnik"n° 1-2. Avec ces
trois articles, on a un aperçu de ce qu’étaient les pensées philosophique,
économique, politique et sociale de ces grands penseurs dont Lénine se voulait
élève. Le premier article ici cité comporte trois parties et une introduction
que nous reproduisons intégralement :
« La doctrine de
Marx suscite dans l’ensemble du monde civilisé (à l’époque de Lénine) la plus
grande hostilité et la haine de toute la science bourgeoise (officielle comme
libérale) qui voit dans le marxisme quelque chose comme une « secte
malfaisante ». On ne peut s’attendre à une autre attitude, car dans une
société fondée sur la lutte des classes, il ne saurait y avoir de science
sociale « impartiale ». Toute la science officielle et
libérale défend, de façon ou d’autre, l’esclavage salarié, tandis que le
marxisme lui a déclaré une guerre implacable. Demander une science impartiale
dans une société fondée sur l’esclavage salarié est d’une naïveté aussi puérile
que de demander aux fabricants de se montrer impartiaux dans la question de
savoir s’il convient de diminuer les profits du capital pour augmenter le
salaire des ouvriers. Mais ce n’est pas tout. L’histoire de la philosophie et
de la science sociale montre en toute clarté
que le marxisme n’a rien qui ressemble à du « sectarisme »
dans le sens d’une doctrine repliée sur elle-même et ossifiée, surgie à
l’écart de la grande voie du développement de la civilisation universelle.
Au contraire, le génie de Marx est d’avoir répondu aux questions que l’humanité
avancée avait déjà soulevées. Sa doctrine naquit comme la continuation
directe et immédiate des doctrines des représentants les plus éminents de la
philosophie, de l’économie politique et du socialisme.
La doctrine de
Marx est toute-puissante, parce qu’elle est juste. Elle est harmonieuse et complète ; elle donne aux hommes une conception
cohérente du monde, inconciliable avec toute superstition, avec toute réaction,
avec toute défense de l’oppression bourgeoise. Elle est le successeur légitime
de tout ce que l’humanité a créé de meilleur au XIX ème siècle ; la
philosophie allemande, l’économie politique anglaise et le socialisme français.
(Tout ce qui a été ici souligné l’est dans le texte de Lénine).
Un siècle nous
sépare de la conception et de l’écriture de ces lignes et l’on se dirait
pourtant comme en face de l’actualité brûlante quant à l’appréciation par les
bourgeois du marxisme-léninisme depuis 1968 (événements de mai 68 en Europe et
en France en particulier et événements de mai 69 en Afrique de l’Ouest) jusqu’à
nos jours. Cependant, de nombreux économistes, politologues et sociologues
relèvent les contradictions internes au système capitaliste aujourd’hui et
arrivent à démontrer que ce système se détruit objectivement (Cf. "Le
capitalisme est en train de s’autodétruire" de Patrick Artus et
Marie-Paule Virard, Edition
Une lecture
attentive des classiques du marxisme-léninisme et des économistes toutes
tendances confondues montre que les idées de Marx sur les révolutions ont été
confirmées par
Cette époque a
été très riche en événements en Afrique en tant que conscience matérialisée de
pays autrefois libres puis passés au joug colonial avec des hauts faits d’armes
de rois et de reines noyés volontairement dans l’oubli par les esclavagistes et
les colonisateurs. Cette histoire doit être réécrite. Des tentatives se font
déjà. Mais il nous semble qu’elles n’ont pas encore atteint leurs objectifs.
Sait-on par exemple que les impérialistes français ont déporté le roi Kpoyizoun
de Tado en même temps que Béhanzin son cousin maternel et que ce roi Kpoyizoun
a survécu à son cousin ? Sait-on aujourd’hui qu’une première frontière
entre le Togo (colonie allemande) et le Dahomey (colonie française) était
constituée par l’arc du fleuve Mono allant approximativement de Kpoba à
Kpèkplèmè et que la partie en deçà de cet arc à l’Est initialement au Dahomey
(Bénin) aura été cédée à l’Allemagne en 1912 avec en contrepartie la région de
Boukombé pour la colonie française ? Sait-on qu’aujourd’hui, on compte
environ 500.000 (cinq cents mille) Adja au Togo et environ 600.000 (six cents
mille) au Bénin avec Tado comme Centre dont l’extension culturelle allait
autrefois à l’Est jusqu’au fleuve Ogoun au Nigeria et peut-être au-delà, au
Nord en région Maxi à Savalou, Ouèssè, à l’Ouest jusqu’au fleuve Sassandra,
tout le long de l’Océan Atlantique, dans la forêt équatoriale et peut-être
jusqu’à la frontière entre le Liberia et
Cette parenthèse
fermée, poursuivons notre propos. Les colonies portugaises n’avaient pas encore
été libérées aux indépendances de 1960 quand, en Europe, le prolétariat s’est
remis à conquérir le terrain perdu depuis que les grands bourgeois lui ont ravi
les victoires sur les fascismes hitlérien, franquiste et mussolinien de 1943 à
1945. C’est en 1968 que ces mouvements révolutionnaires se sont transformés en
mouvements insurrectionnels en France et en mouvements d’émancipation des Noirs
aux Etats-Unis brisant la ségrégation raciale. Le spectre du communisme et du
marxisme-léninisme s’est mis plus que jamais à hanter tous les grands
capitalistes au pouvoir qui devaient estimer qu’il leur fallait se faire plus
sérieux pour le combattre et le réduire à tout jamais. Ainsi s’expliquent les
campagnes anti-communistes et les complots contre les pays révolutionnaires
grands comme petits. Il fallait absolument aux grands bourgeois la capitulation
de l’Union Soviétique. Elle arrivait
avec les concessions qui se multipliaient de la part des dirigeants de
l’ex-Union Soviétique, concessions souvent dénoncées par certains pays (Chine,
Albanie, Cuba) comme dégénérescence révisionniste puis passage au capitalisme
des dirigeants de l’Union. Sur le terrain du combat entre pays capitalistes,
les Etats-Unis d’Amérique semblaient bénéficier d’atouts sérieux face à l’Union
Soviétique. Il y avait d’abord la franchise de leur stratégie, le désir de
transformation des régimes de l’Europe de l’Est en pays capitalistes avoués
pour l’implosion de l’Union Soviétique en vue de la transformation de cet
ensemble en une multitude de néo-colonies ou pays dépendants. Il leur fallait
une théorie convaincante pour les "élites", une théorie assez
cohérente pour être distillée dans les plus grands centres de formation et
s’harmoniser avec la plupart des grandes théories scientifiques. Il nous semble
qu’une telle décision doit avoir été prise immédiatement après 1968 et pu
déboucher réellement sur un document clandestin de travail. Telle est l’origine
du "Manuel de programmation en recherche opérationnelle" que nous
appellerons en abrégé "Manuel" dans le présent exposé.
Cet exposé veut
entreprendre une analyse critique de "Manuel" pour déboucher sur un
approfondissement du marxisme-léninisme et les tâches actuelles des
révolutionnaires. On aurait pu donner comme titre au document
critiqué : " Théorie de la guerre silencieuse" qui n’est
pas cachée par ailleurs dans "Manuel". Cette guerre est franchement
déclarée contre les "classes inférieures" qu’on veut réduire à
l’esclavage faute de pratiquer sur elles un génocide de grande échelle. Il est
certain que le mouvement objectif du prolétariat et des peuples fournit les
matériaux de l’avènement très prochain d’une nouvelle époque révolutionnaire
qui fera suite à l’épuisement des matériaux pour la bourgeoisie (grande et
haute) de la contre-révolution mondiale qui a cumulé avec la mondialisation et
son cortège de délocalisations, etc.…
La culture
mondiale s’enrichit elle aussi de ces matériaux qui se produisent
contradictoirement dans la domination des peuples, dans l’écrasement de
cultures nationales et dans la mort de certaines langues. Les peuples semblent
vouloir s’instruire, et en cherchant et affinant leurs stratégies contre eux,
les puissances impérialistes enseignent par-là même aux prolétaires et aux
peuples comment lutter contre leurs théories et leurs pratiques et les vaincre
indubitablement ! Nous apprenons ainsi grâce à des travaux d’éminents
scientifiques qui n’ont parfois pas cherché à s’intéresser au
marxisme-léninisme que le genre humain est en une espèce animale sociale
unique. Cette espèce possède une culture qui s’universalise et une morale
progressive qui, bien connue comme indissolublement liée à l’économie, s’en est
dissociée du fait des dominations impérialistes puis aujourd’hui s’en rapproche
avec le développement des sciences de l’éthique, de la morale, des sciences de
l’homme et de la biologie (la génétique) notamment. Des scientifiques comme
Axel Kahn s’indignent de la marchandisation de parties du corps humain et de
gènes dont on peut faire la culture sans
respect de la dignité humaine. D’autres comme Albert Jacquard sont
révoltés que l’humanité produise suffisamment pour se nourrir pendant que des
producteurs doivent mourir de faim ou de maladies…. Il nous semble aisé, en
nous appuyant sur ces faits objectifs, de procéder à notre critique et de
trouver les solutions aux problèmes actuels des "classes
inférieures".
A la suite des
soviets du siècle dernier, les comités qui se dressent partout dans le monde,
en France, en Europe plus généralement, en Amérique latine avec le Forum social
mondial, au Bénin avec l’Institut International de Recherche et de Formation
(INIREF) ainsi que les forums populaires, tout cela qui exige l’instruction
pour tous et d’abord en langues maternelles pour chacun, le châtiment des
tortionnaires, la condamnation des pilleurs des économies nationales à rendre
gorge, tout cela rappelle en mieux la vieille époque de l’UGTAN (Union Générale
des Travailleurs d’Afrique Noire), de
actuelles
des grands bourgeois :
contre la "guerre silencieuse" et pour
une nouvelle époque révolutionnaire au monde.
Je voudrais procéder ici à une critique d’un document
intitulé "Manuel de programmation en recherche opérationnelle".
L’importance de ce document ainsi que celle de sa critique sautent aux yeux dès
qu’on en aborde la sorte de préface à une édition postérieure à l’an 2000. Je
commence par reproduire la préface de cette édition ici concernée. Voici la
sorte de préface :
« Le document
suivant, daté de Mai
Négligence ou fuite intentionnelle, il semble que ce
document ait été en la possession des services secrets de l’US Navy.
Le document, par sécurité, ne porte pas la signature de
l’organisation dont il provient. Mais des recoupements d’informations et de
dates laissent supposer qu’il pourrait s’agir du Groupe de Bilderberg,
un "club de réflexion" qui rassemble des personnes extrêmement
puissantes des mondes de la finance, de l’économie, de la politique, de l’armée
et des services secrets.
Le document se présente comme un "manuel de
programmation" de la société, apparemment destiné aux nouveaux membres de
l’organisation.
Ce document pourrait aussi avoir été écrit par un auteur de
science-fiction inspiré, ou par un journaliste bien informé. Vrai ou faux,
l’important est que les stratégies qui sont décrites ici sont très largement
appliquées dans les orientations de l’économie et de la société depuis 30 ans,
dans tous les pays occidentaux, et avec une remarquable synchronisation.
Publié en annexe du livre
"Behold a pale horse" de William Cooper, Light Technology Publishing,
1991 ».
Que cette édition date d’après
l’année 2000 tient à un élément de la postface
relative à une appréciation de la politique américaine par François Mitterrand,
appréciation rapportée dans un commentaire d’un "entretien privé de cet
homme d’Etat à la fin de sa vie" ("cité dans Courrier International du 13 avril 2000").
Le document qui
commence effectivement après cette préface se termine à la page 29 avec ces
trois mots : "Fin du document".
Notre critique
supposera la lecture déjà faite par notre lecteur. Nous en reproduirons de
larges extraits dans notre texte pour en faciliter la compréhension.
Cette préface est
anonyme. Elle ne permet pas de dire si le ou les auteur(s) ont participé à
l’élaboration du document. Elle est suffisamment confuse comme si elle se
voulait intentionnellement telle de sorte que seuls les initiés puissent en
saisir toute la portée et la plénitude. Toutefois, il apparaît déjà dans cette
préface que le document traite du comportement que devraient avoir les hommes
bien pensants face aux questions de la vie et de la société selon les auteurs.
Elle affirme que les stratégies qui y sont développées étaient "très
largement appliquées dans les orientations de l’économie et de la société
depuis 30 ans, dans tous les pays occidentaux, et avec une remarquable
synchronisation".
Il y a là une
introduction au document, introduction qui doit être complétée par les trois
premières lignes du "Manuel" :
« Bienvenue à bord.
Cette publication marque le 25ème anniversaire de
Il me semble que
beaucoup de gens, lorsqu’ils sont pressés de connaître le contenu d’un manuel,
ils en lisent l’introduction puis se précipitent sur la conclusion avant de
chercher à regarder certains chapitres "dignes d’intérêt". J’agis
souvent de la sorte. Je ne vous dirai pas ce que j’ai fait réellement dans le
cas présent. Je vous invite à regarder tout de suite ce que j’appellerais
conclusion du document et qui consiste en ses sept derniers alinéas ;
c'est-à-dire sa 29ème et dernière page. Je la reproduis ici.
« Si les gens se souciaient
réellement de leur prochain, ils contrôleraient leurs appétits (avidité,
procréation, etc.) afin qu’ils puissent ne pas avoir à compter sur un crédit ou
un système d’assistance sociale.
Puisque la majorité du public
ordinaire n’exercera pas une telle restriction, il n’y a que deux alternatives
pour réduire l’inductance économique du système :
1) Laisser le peuple s’entre-tuer dans
la guerre, ce qui aura pour seul résultat la destruction brutale de la vie sur
terre.
2) Prendre le contrôle du monde par
l’utilisation "d’armes silencieuses" économiques, sous la forme d’une
"guerre tranquille", et réduire l’inductance économique à un niveau
sûr, par un processus d’esclavage et de génocide.
La dernière option a été retenue
comme la meilleure option évidente. A ce point, il doit être clair comme du cristal
pour le lecteur pourquoi le secret absolu est nécessaire à propos des armes
silencieuses. Le public ordinaire refuse d’améliorer sa propre mentalité et sa
foi en son prochain. Il est devenu une horde de barbares proliférants, et à
proprement parler, un fléau sur la face de la terre.
Ils ne se soucient pas de la science
économique pour apprendre pourquoi ils n’ont pas été capables d’éviter la
guerre en dépit de la moralité religieuse, et leur refus religieux ou
auto-gratifiant de traiter les problèmes planétaires rend la solution de ces
problèmes hors de leur portée.
Ceci est laissé aux quelques-uns qui
veulent réellement penser et survivre comme les plus aptes à survivre, et
résoudre les problèmes pour eux-mêmes comme pour ceux qui sont réellement conscients.
Autrement, la révélation publique de l’arme silencieuse détruirait leur seul
espoir de préserver la graine de la future véritable humanité. »
En dehors du vocable
"inductance économique du système", cette conclusion me semble
suffisamment claire et facile de compréhension. Je ne dis pas que l’on doive
être d’accord avec, au contraire ! Je veux tout simplement dire que les
idées des auteurs sont très claires et nettement exprimées.
Ils disent en
substance : les hommes ne sont pas spontanément malthusiens et
pourtant,
c’est ce qui
devrait être et les hommes les plus instruits (?), les plus cultivés (?), les
plus dignes de reproduction pour la
"bonne" reproduction de la vie devraient réduire les autres à
l’esclavage et au besoin procéder à des génocides par l’utilisation
"d’armes silencieuses". Et tout cela, au mépris des préceptes
moraux et religieux, etc. L’autre alternative conduirait à la destruction
totale de la vie sur terre et comme l’on ne voit pas un autre terme, on la
balaie d’un revers de la main.
Voilà le
programme ; le programme de la société. Un programme en œuvre depuis déjà
30 ans ; un programme à enseigner aux "hommes les plus
conscients" qui devront se mettre à l’appliquer pour eux-mêmes, malgré
eux, exactement comme indiqué dans le "manuel de programmation en
recherche opérationnelle".
Et lorsque, toute
votre vie durant, vous avez avec beaucoup de vos semblables lutté contre toute
réduction à l’esclavage sur terre, contre toute exploitation de l’homme par
l’homme, alors on ne peut que s’indigner face à ceux qui recommandent la non
révélation publique de l’arme silencieuse. Des questions se posent aussitôt.
1°) Les auteurs du
document en cause craignent-ils ceux qui seraient incapables de le comprendre
comme ils le souhaitent ?
2°) Et comme la
dernière phrase dudit document permet de répondre à la question précédente par
l’affirmative, que pense-t-on faire réellement si ce manuel fuyait réellement
vers ces hommes ainsi craints ?
3°) Et comme ce
document est aujourd’hui rendu public, la réponse à la seconde question
n’est-elle pas déjà mise en œuvre ? Ne peut-on pas penser que quelque
part, nous assistons à une diversion ?
4°) Il y a comme un
mépris pour la majorité des hommes de sorte que le respect des principes
démocratiques semble sous la plume des auteurs du manuel comme l’un de ces
préceptes à ignorer dans cette guerre silencieuse qui préserverait la graine
d’une future et véritable humanité.
5°) Quels sont alors
les objectifs réels des auteurs du manuel et quelles stratégies mettent-ils en
œuvre pour les atteindre ?
6°) Les objectifs
contraires à ceux de la question précédente sont-ils plus humains et
accessibles ? Dans l’affirmative, comment les préciser et comment mettre
en œuvre les stratégies permettant de les atteindre ?
Notre critique
tentera de répondre implicitement à toutes ces questions. D’entrée de jeu, nous
ne trouvons une cohérence du manuel qu’avec l’adhésion aux thèses malthusiennes
qui supposent une croissance exponentielle de la population du monde face à une
croissance linéaire de la production des biens et ressources naturelles. Nous
ne nous contenterons pas d’une réfutation de ces thèses. Nous ne la tenterons
même pas. Nous opposerons tout simplement notre démocratisme aux auteurs du
manuel et sur cette base nous essayerons d’examiner ce qui devrait être notre
comportement face aux stratégies qui y sont définies. Alors, on pourra prouver
comment notre méthode et la pratique qui en découle peuvent faire peur aux
auteurs du manuel et doivent leur faire peur. Car au fond, les auteurs du
manuel et leurs épigones entendent mener une guerre permanente qu’ils gagnent
chaque jour dans la mesure où ils la pérennisent. Et si nous ne voulons plus
d’une telle guerre, il s’agit alors dans la mesure où "Manuel" ne
dédaigne pas les génocides, de lui déclarer la guerre et de la gagner
effectivement. Dès lors que "Manuel" craint la déclaration d’une
guerre contre lui, c’est qu’il se sait vulnérable et déjà vaincu par une telle
déclaration par laquelle nous devons chercher à prouver que nous atteindrons
par notre victoire des objectifs à bien définir et insoupçonnés de
"Manuel".
Il nous faut pour
cela définir notre stratégie avant de déclarer la guerre. Notre stratégie bien
définie suppose une connaissance parfaite de la stratégie ou des stratégies de
l’ennemi ainsi que les conditions de ses changements de stratégie. Nous
partirons donc des données historiques et naturelles (empiriques) de la société
ainsi que des stratégies de"Manuel".
Si les hommes sont
parfois amenés à faire la guerre sous la conduite de leurs dirigeants
(politiques ou sociaux), ils n’aiment pas la guerre dans leur majorité et se
rebellent souvent contre elle surtout lorsqu’ils la considèrent comme injuste.
La guerre permanente de "Manuel" est-elle une guerre juste ou injuste
aux yeux de la majorité des hommes ? Le caractère injuste de cette guerre
n’est plus à démontrer, puisque "Manuel" affirme qu’elle est dirigée
contre la majorité des hommes et qu’elle conduit à un génocide finalement voulu et avoué. Nous
pouvons affirmer dès lors que nos objectifs stratégiques généraux sont l’exact
opposé des objectifs de "Manuel".
La stratégie première
de "Manuel" indiquée en page 18 du document est établie comme
suit : Je reproduis ici toute la page.
« Diversion, la stratégie première
« L’expérience a montré que la
méthode la plus simple pour rendre efficace une arme silencieuse et gagner le contrôle du public est de
maintenir le public ignorant des principes basiques des systèmes d’un côté,
tout en le gardant dans la confusion, désorganisé et distrait avec des sujets
sans importance réelle de l’autre côté.
Ceci est obtenu
en :
1. décourageant l’activité de leurs
esprits ; sabotant leurs activités mentales ; fournissant des
programmes d’éducation de basse qualité en mathématiques, logique, design des
systèmes et économie, et en décourageant la créativité.
2. encourageant leurs émotions,
augmentant leur égocentrisme et leur goût pour les activités émotionnelles et
physiques, en :
a) multipliant des affronts et attaques
émotionnelles (viol mental et émotionnel) au moyen d’un barrage constant de
violence, de guerres, de sexe dans les medias – en particulier
b) leur donnant ce qu’ils désirent – en
excès – "junk food" pour l’esprit, et en les privant de ce dont ils
ont réellement besoin.
3. réécrivant l’histoire et la loi, et
soumettant le public à des distractions, en étant ainsi capable de déplacer
leurs pensées de leurs besoins personnels vers des priorités extérieures
hautement fabriquées.
Ceci prévient leur intérêt et leur
découverte possible des armes silencieuses et de la technologie
d’automatisation sociale.
La règle générale est qu’il y a un
profit dans la confusion ; plus la confusion est grande, plus le profit
est grand. Ainsi la meilleure approche
est de créer des problèmes, et ensuite d’offrir des solutions.
Sommaire de la diversion
Médias : Garder l’attention du public
adulte distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des
sujets sans importance réelle.
Enseignement : Garder le public ignorant
des véritables mathématiques, de la véritable économie, de la véritable loi, et
de la véritable histoire.
Spectacles : Maintenir le divertissement
public en-dessous du niveau de la sixième.
Travail : Garder le public occupé,
occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec
les autres animaux. »
*
* *
A la page 19,
"Manuel" donne une table de stratégies que je reproduis aussi :
Table des stratégies
|
Faites ceci |
Pour obtenir ceci |
|
Garder le public ignorant |
Moins d’organisation publique |
|
Créer de la préoccupation |
Moins de défenses |
|
Attaquer la cellule familiale |
Contrôle de l’éducation de la
jeunesse |
|
Donner moins de cash et plus de
crédits ou d’indemnités |
Plus de laisser-aller et plus de
données |
|
Conformité sociale |
Simplicité de la programmation
informatique |
|
Minimiser la protestation contre
les taxes |
Maximum de données économiques,
minimum de problèmes de contrainte |
|
Stabiliser le consentement |
Simplicité des coefficients |
|
Etablir des conditions-cadre |
Simplicité des problèmes, solution
des équations différentielles |
|
Justesse du timing |
Moins de décalage et de flou dans
les données |
|
Maximiser le contrôle |
Résistance minimum au contrôle |
Nous sommes dans une
situation où la victoire des auteurs et amis de "Manuel" est déjà
acquise. La déclaration de guerre de "Manuel" est un moyen de
perpétuer sa victoire en fait incertaine. C’est bien pour cela que
"Manuel" craint une déclaration de guerre de la partie adverse ainsi
que la connaissance par elle de sa stratégie à lui.
Lorsque nous lisons "Maintenir le
divertissement public en-dessous du niveau de la sixième", nous nous
interrogeons sur la possibilité réelle de cette contrainte. Or, si tant est que
le niveau d’instruction de l’homme s’accroît avec l’expérience cumulée durant
des années, des siècles, des millénaires, peut-on en forcer le niveau à une
valeur fixe relativement basse ? Et si le niveau de la sixième peut être
estimé au niveau intellectuel de l’âge de 12 ans, on voit aussitôt la
signification de cet objectif. Même si le niveau intellectuel moyen de
l’Américain est celui de l’enfant "standard" de 12 ans, peut-on
convenir qu’il faut que cela stagne sur plus d’une année lorsqu’on sait que
le niveau de l’enfant de 12 ans est
lui-même croissant, même si faiblement croissant ?
En admettant la
croissance nécessaire du niveau de divertissement public, on se conforme à
l’évolution naturelle et empirique ainsi qu’au désir certain des hommes. Et si
nous prenons cette croissance régulière comme objectif à atteindre, nous nous
trouvons en opposition avec les vues de "Manuel".
On n’ira pas plus
loin pour faire observer que d’une part, pratiquement tous nos objectifs sont
opposés à ceux de "Manuel" et que d’autre part, pour atteindre les
siens, "Manuel" est obligé de procéder comme on fait en Recherche
opérationnelle avec l’optimisation (maximisation ou minimisation) de variables
sous contraintes. Nous pensons ici que cette méthode de "Manuel" est
classique et fiable. Mieux, nous pensons que ses remarques analogiques
permettent d’approfondir la recherche et d’instruire sérieusement ses adeptes
avec les concepts de mécanique, d’électrostatique et d’électrocinétique avec la
théorie du potentiel et autres concepts mathématiques et physiques de très haut
niveau. "Manuel" ne peut donc admettre que le niveau mathématique du
public s’élève dans la crainte "de la menace de la souveraineté de
l’élite". Cela est dit explicitement en page 16 (je cite) :
« Au fil du temps et de
l’amélioration de la communication et de l’éducation, les éléments des classes
inférieures deviennent aptes à la connaissance et envieux des bonnes choses que
les membres des classes supérieures possèdent.
Ceci menace la souveraineté de
l’élite. »
A partir d’ici, notre
méthode est claire. Nous devons aller à l’école de "Manuel". Nous
devons apprendre la programmation en recherche opérationnelle pour laquelle
nous savons les auteurs de "Manuel" très forts. Nous savons aussi
qu’ils comptent avec les nombreuses et grandes écoles de programmation en
recherche opérationnelle en leur possession. Nous comprenons aussi pour le peu
que nous savons de cette discipline que si les auteurs se placent dans un
"espace" donné de travail, en prenant la contraposé de leurs
objectifs : minimisation là où il y a maximisation et inversement, nous
devons nous poser nos problèmes en termes de problèmes duaux de ceux de
"Manuel".
Telle doit être ici
notre méthode théorique générale qui nous permettrait de lire des solutions à nos problèmes à partir de "Manuel".
Avant de procéder à
cette lecture, on fera ici un retour aux problèmes humains avec la théorie
universelle de l’homme. Cette théorie qui prône l’unicité de l’espèce humaine
estime que cette espèce doit se manifester avec le développement de toutes ses
variétés qui font sa spécificité. Les différentes variétés de l’homme
consistent en ses différentes langues avec leurs parlers. Le respect de cette
spécificité consiste en le respect des langues, en leur protection pour leurs
survies respectives. Il résulte de ce précepte peut-être moral que l’espèce
humaine doit veiller elle-même à ce que les langues meurent peu. Une
conséquence de ce respect consiste en l’exigence que chaque langue devienne le
support de la science au dernier cri, puisse passer par tous les canaux de
diffusion existants, Internet notamment et qu’il soit loisible à chaque homme
de pouvoir s’instruire en sa langue maternelle pour accéder plus aisément à
toute autre langue et au savoir dans son intégralité. Tout cela est admis dans
les institutions internationales, à l’UNESCO en particulier. L’homme avec son
devenir exclut ainsi un entretien particulier d’élites et l’élitisme. Seule
l’indépendance des peuples, leur autonomie administrative pour le moins et la
démocratie au sein des communautés sont compatibles avec ces caractéristiques
du genre Homo en une espèce animale sociale. Tout cela a reçu une preuve
scientifique fort heureusement et l’élitisme dont parle "Manuel"
ressemble plutôt à un mélange d’esclaves scientifiques et de grands bourgeois
maîtres des précédents et qui collaborent avec des hautes bourgeoisies cupides
et voraces dans les colonies, néocolonies et pays dépendants.
"L’élite"
intellectuelle qui a pu prouver cette unicité du genre Homo en une seule espèce
est certainement capable au moins partiellement de se désolidariser de ces
grandes bourgeoisies et travailler à l’affirmation plus prononcée de ce devenir
de l’homme. Elle formera avec ce qui est ici appelé "majorité du public
ordinaire" (page 29) ou "classes inférieures" (page 16) une
opposition franche aux vues de "Manuel". Ce qu’il faut souligner ici,
c’est que les démonstrations scientifiques de résultats progressifs
sommairement présentés ci-dessus résultent du travail de la nature et
principalement de lutte des classes. Là où la lutte des classes n’a pas été
suffisante, on assiste toujours à une ignorance de ces résultats progressifs, à
leurs rejets et en conséquence à une domination forcenée des classes
supérieures.
La tâche fondamentale
qui apparaît pour le genre humain est le renversement définitif de la
domination des classes supérieures, la bourgeoisie et celle-ci, en
disparaissant comme classe dominante, voit disparaître du coup et à tout jamais
(la vigilance aidant) les classes dominées pour l’émancipation véritable de
l’Homme. Cette tâche commence par l’organisation des classes dominées où un
rôle particulier aura été assigné à l’élite intellectuelle qui se sera mise de
leur côté et ce rôle doit consister en la recherche à coût minimum de
l’instruction de chacun et de tous aux niveaux les plus élevés et sans cesse
renouvelés dans tous les domaines du savoir. Il s’agit là d’investir des
sciences particulières, les sciences cognitives et les faire approprier par les
classes inférieures (les prolétariens et le prolétariat), première condition de
libération définitive de l’esclavage et de la dépendance. Il suffit d’un coup
d’œil sur la situation du monde pour observer que les ressources inexplorées
sont encore énormes pour l’édification et la popularisation de ces sciences
cognitives qui supposent la mise en œuvre de banques de données et un
développement de puissants logiciels pour leur analyse et traitement. Le génie
logiciel va donc de paire avec les sciences cognitives et tous deux permettront
l’investissement de tous les domaines théoriques, techniques et technologiques
pour l’élévation sans cesse accrue du niveau scientifique et culturel des
peuples et sans discrimination d’aucune sorte.
*
* *
La lecture que nous
nous proposons de faire de "Manuel" admet des conditions très intéressantes ;
celles-ci sont liées à la variabilité de l’espace objet des "classes
supérieures" et celle corrélativement du dual avec le temps.
"Manuel" fige ses prémisses à l’état de domination actuelle des
classes dirigeantes et les stratégies sont conçues pour maintenir cette
rigidité. Le contexte philosophique est celui des idées économiques de Hayek
avec les formalisations d’un Atlan ou d’un Petitot. Nous n’insisterons pas
davantage sur cette question.
A la page 16 de
"Manuel", on peut lire :
« Si l’ascension des classes
inférieures peut être contenue assez longtemps, l’élite peut parvenir à la
dominance de l’énergie, et le peuple, par
consentement (souligné par nous) ne tiendra plus alors une position de
ressource énergétique essentielle ».
Et en page 17, un
sous-titre important :
« Consentement, la première
victoire ».
En page 17, il est
précisé :
« Un système d’arme silencieuse
opère à partir de données obtenues d’un public docile par des moyens
légaux ».
A partir de là, nous
pouvons énoncer la première victoire d’un peuple révolutionnaire comme exact
opposé de la première victoire de l’élitisme. Le rejet manifeste de la
domination des classes dirigeantes par le peuple est la condition de départ
pour la libération du joug de l’oppression et de la servitude. Une fois cela
obtenu, faudra-t-il organiser la libération effective en commençant par des
actions les plus légales possibles qui encouragent les travailleurs et les
peuples à poursuivre dans leurs avancées. Il doit être admis que les conditions
subjectives auront été déjà créées pour l’instruction de tous et de chacun dans
sa langue maternelle ainsi que cela se conçoit aujourd’hui. Le caractère légal
des méthodes tient au fait que les progrès ininterrompus constituent la
caractéristique de la pratique humaine malgré les hauts et les bas que l’on
peut observer de temps à autre. Nous prenons en compte le trend général du
mouvement historique de l’homme et plus particulièrement les progrès
spécifiques de l’espèce actuelle. Il n’y a rien à supputer de sa disparition en
tant qu’espèce. Ce n’est en tout cas pas les thèses de Malthus qui pourraient
déterminer une mutation débouchant sur une autre espèce stable, ni l’élitisme
tel qu’il se définit dans "Manuel". Peut-être, la résistance de
groupes d’hommes particuliers aux affections s’attaquant au génome lui-même
tels le SIDA, les hépatites B et C, etc., constituerait-elle une indication aux
prochaines mutations pour l’homme futur ? La science, nous semble-t-il,
n’a pas encore prouvé des mutations possibles à partir de phénomènes sociaux et
les groupes d’hommes socialement privilégiés capables d’instaurer des
cotisations individuelles pour la pérennité de leurs groupes n’ont pas encore
provoqué des mutations ayant conduit à des espèces stables. Les cotisations
individuelles ont toujours existé dans tous les groupes sociaux, y compris chez
les plus démunis (tontines, etc.).
La suppression de
plaies du genre Homo en une seule espèce, telle la suppression de
l’exploitation de l’homme par l’homme pourra permettre que les mutations
ultérieures se produisent dans une espèce moralement très évoluée et les temps
futurs connaîtront la poursuite des progrès des Hominidés. Il est peut-être
idéologique de faire cette hypothèse qui ne peut pas ne pas reconnaître la
lutte des classes à la base de la société actuelle. Et si l’on peut prouver que
c’est la lutte des classes que pratiquent aussi les classes dirigeantes, la
reconnaissance de ce fait est aussi la garantie d’un progrès moral à soutenir
pour des objectifs que nous ne pouvons contrôler, mais souhaiter en être
dignes, respectables et respectueux des autres.
*
* *
Il n’est pas
arbitraire d’utiliser ce que les peuples ont de plus révolutionnaire pour
résoudre le problème posé. C’est la seule voie permettant la sauvegarde et la
prise en compte de toute la richesse du passé. On ne peut donc se limiter à un
domaine particulier dans l’évaluation de ce caractère révolutionnaire. On doit
utiliser ce qui permet de recueillir tout ce qui existe et a existé de positif
et de progressif. Les chercheurs dans tous les domaines et ceux qui
s’intéressent surtout à l’éthique progressive sont interpellés : pays par
pays et dans l’ensemble de tous les pays sans discrimination avec la richesse
des variétés culturelles et des langues. Les survivances de ce qui a pu
permettre la mort de langues et d’aspects importants des cultures, les
déclarations de guerres génocidaires, etc., l’apartheid, la ségrégation
raciale, le parcage d’hommes dans des réserves (réserves d’Amérindiens,
bantoustans), tout cela constitue des plaies dont on doit guérir physiquement,
moralement et psychologiquement. La critique des manifestations de ces
survivances et la lutte contre elles sont des gages de mise en œuvre des
chantiers, les terrains sur lesquels on peut semer le nouveau pour le futur.
Or, "Manuel" semble prôner un esclavage perpétuel ; or les idées
développées dans "Manuel" prouvent que le champ d’expérimentation
consiste en les Etats-Unis d’Amérique qui a connu beaucoup de ces fléaux cités.
Il est difficile d’admettre ce qui y a été dit à moins d’appartenir à une élite
qui n’a cure des questions morales et éthiques. "Manuel" est bien
clair sur ses intentions contraires et
ne peut que subir le contre-pied de ses idées de la part de ceux qui se
préoccupent réellement de la survie de l’homme.
"Manuel"
parlant au nom de l’élite du monde pense pouvoir poursuivre la domination de
celle-ci avec la formation des experts
en "Manuel de programmation en recherche opérationnelle". Ces experts
sont appelés à éduquer l’humanité entière avec l’organisation de séminaires à
l’intention des personnels de toutes les sociétés de production ou de vente
avec pour point d’appui les cadres formés dans les écoles de haut niveau et qui
appartiennent d’emblée à l’élite. Une philosophie est à la base de
l’enseignement de ces experts : l’individualisme et la dépendance servile
aux supérieurs hiérarchiques pour s’assurer ou se convaincre que l’on doit
jouer et faire jouer le rôle d’esclave à la majorité des hommes sur terre. Et l’on
pense que la victoire de l’élite est assurée et qu’elle commence avec le
"consentement" de la majorité des travailleurs et des peuples du
monde.
Ce
"consentement" est-il total ? Voilà qui est moins sûr. Et s’il
existe des hommes ayant reçu l’instruction de l’élite avec une morale contraire
à celle de "Manuel", ce qui est "consentement" à un moment
donné peut-il le demeurer indéfiniment ? Seule la lutte des classes peut
nous permettre de conclure. Et dès lors qu’il existe des peuples qui se
rebellent contre les élites, rejetant ainsi le "consentement", il
convient de poursuivre dans l’investigation de ce qu’ils peuvent et doivent
faire pour renverser la domination des élites.
Les révolutionnaires
peuvent mettre à profit l’éparpillement des ressources de l’élite qui agit avec
l’individualisme. Il faudra pour cela que l’élite des pauvres, nous appelons
ainsi tous ceux qui ont reçu l’instruction des élites et qui pourtant se
placent du côté des "classes inférieures", se décide ainsi qu’il le
faut. En dégageant dans chaque pays un noyau qui procède à une série de
choses :
a)
une
intense campagne de l’instruction pour tous et au dernier cri dans les langues
maternelles de chacun et de tous ;
b)
une
mise en forme de ces programmes d’enseignement à partir de la création d’écoles
de recherche en science de la cognition et en pédagogie incluant de facto la
spécialisation en génie logiciel et robotique ;
c) une enquête systématique sur les
sites Internet ayant un contenu proche des objectifs ou pouvant permettre la
mise en œuvre de riches banques de données à mettre au service des hommes.
Nous partons des
hypothèses que, contrairement aux vues de "Manuel",
a) les hommes s’associent spontanément
et ne peuvent s’imaginer vivre isolés comme des ermites et que partant, ils
inclinent à mépriser et rejeter l’individualisme ;
b) les hommes ont envie de s’instruire
et regrettent leur ignorance lorsqu’ils n’ont pu à un âge avancé accéder à
l’instruction. La tendance est de s’offrir les possibilités de s’instruire
toujours jusqu’à la fin de ses jours ;
c) la démocratie et le partage des
responsabilités de ce qui intervient avec ses voisins est de plus en plus le
leitmotiv des hommes qui se différencient par-là même des animaux et même des
animaux sociaux ;
d) pour chaque individu, le travail en
groupe n’est épanouissant que s’il est peu contraint et permet le développement
de ce que l’on pense être ses aptitudes et ses compétences réelles ; c’est
la marque du rejet de l’esclavage.
Ce qui vient d’être dit en quatre
points ne concerne pas ceux qui jouissent de privilèges à la tête de sociétés
de production ou de service capitalistes. On comprend aisément que notre propos
s’adresse à la majorité de la population constituée de travailleurs salariés et
de petits bourgeois travaillant pour leurs propres comptes.
Nous savons maintenant dans quel
cadre nous abordons les résultats duaux de ceux de "Manuel" et pour
quelles fins.
Il nous suffit pour l’essentiel de
lire la page 19 de "Manuel" en transposant les énoncés.
Nous avons ainsi pour table des stratégies des travailleurs et
des peuples les résultats ci-après valables dès maintenant.
|
Faites ceci |
Pour obtenir ceci |
|
Plus d’organisation publique |
Le peuple voudra s’instruire
davantage |
|
Plus de défenses publiques |
Le peuple a alors moins de
préoccupation et il se libère pour des activités plus intéressantes pour lui |
|
Veiller à l’exigence de
l’instruction de la jeunesse dans la liberté de choix de ses options |
La cellule familiale sera plus
compacte et plus utile pour la société en lutte |
|
Exiger le moins de laisser-aller au
niveau de l’Etat et moins de contrôle |
Alors les travailleurs exigeront
plus de cash et moins de crédits |
|
Exiger la programmation
informatique de haut niveau des questions publiques |
Diversification des ressources et
des qualités des membres de la société |
|
Révélation des données économiques
et des contraintes |
Protestation des travailleurs
contre les taxes |
|
Dénoncer les complications
administratives |
Mécontentement social accru,
exigence d’une nouvelle administration, notamment sa simplification vers
l’autonomie administrative locale |
|
Dénoncer les problèmes ainsi que
leur non résolution par le pouvoir d’Etat |
Défense de nouveaux termes de |
|
Dénoncer le désordre administratif |
Exigence par les travailleurs de
planning dans les activités d’Etat |
|
Résistance maximum au contrôle
d’Etat |
Minimisation du contrôle d’Etat |
Nous avons là les
conditions du rejet du "consentement" ou rejet de la soumission au
diktat de l’Etat des grands et hauts bourgeois.
Et lorsque ce rejet
est bien acquis avec l’émergence de nouvelles lois constitutionnelles énoncées
et exhibées dans le cadre d’organisations légales bien connues du pouvoir, on
peut dire que les conditions sont mûres pour le renversement de l’ordre établi.
*
* *
Comment procéder alors au renversement de l’ordre établi ?
Les esclaves
classiques, dans leurs soulèvements ont toujours été obligés d’agir en
clandestinité d’abord avant de réunir des forces pour se démontrer face à leurs
maîtres. Ils ont toujours été mâtés et leurs rébellions se sont soldées par des
échecs. Il est pour le moins curieux que des grands bourgeois au pouvoir,
disposant des élites formées dans les plus grands et prestigieux centres de
formation aient conseillé et observé la clandestinité pour agir contre les
peuples, les "esclaves" ainsi qu’ils les appellent eux-mêmes dans
"Manuel". Il leur faut la capitulation complète des esclaves, le
"consentement" aux exactions pour se déclarer véritablement
vainqueurs. Il y a manifestement la peur de l’organisation des
"esclaves" qui remette en cause la domination des vainqueurs qui se
savent vulnérables avec la possibilité d’être renversés avec les esclaves
organisés. L’élite des esclaves bénéficie elle, de la force physique des
esclaves organisés ainsi que de l’instruction et de la science des élites
formées dans les mêmes grands centres de formation que les maîtres ou dans des
écoles analogues à celles des maîtres. Poursuivre la formation de cette élite
et organiser systématiquement les masses travailleuses et tous les esclaves salariés
est une première tâche à exécuter pendant ou immédiatement après le rejet du
"consentement". Et pour cette organisation, si l’on doit toujours
commencer clandestinement, il faudra néanmoins à un moment donné affirmer haut
et fort la volonté de passer à la prise du pouvoir et le prendre effectivement.
Dès lors que les matériaux législatifs populaires se mettent à cumuler pour un
changement de
Nous avons une longue
expérience de clandestinité révolutionnaire. Nous avons aussi une longue
expérience de lutte pour le changement de Constitution et savons agir en temps
opportun pour exiger ces changements. Nous n’avons certes pas encore connu de
victoire tangible. Cependant, nous savons nous organiser, nous savons organiser
les larges masses par secteurs, par couches sociales, etc. Nous savons
organiser la jeunesse, les femmes, les combattants, les miliciens, les comités
de combattants en brigades de choc, les chasseurs ; nous savons utiliser à
la cause révolutionnaire des organisations séculaires qui existaient depuis
longtemps déjà et savons en actualiser les formes et les contenus. Nous savons
éprouver tout cela dans les combats quotidiens qui illustrent assez
singulièrement notre "table de stratégie", duale de la "table de
stratégie" de "Manuel".
Nous osons affirmer
que le peuple rejette le "consentement". Le peuple rejette la
politique de la haute bourgeoisie. Et pendant que nous faisions ce constat,
nous avons trouvé nécessaire de procéder à la pose des premières pierres de
l’école des hautes études de formation de l’élite qui étudiera la pédagogie
propre à généraliser l’instruction à toute notre société ainsi qu’aux peuples
voisins que sont
N’oublions pas
qu’avec l’INIREF (Institut International de Recherche et de Formation) nous
avons l’expérience de l’instruction dans nos langues et l’organisation des
groupes culturels dans tout notre pays. Nous avons fait partager avec les deux
partis amis cités tantôt cette expérience au point de dire que dans les
prochaines années, au-delà de l’INIREF-Bénin, nous connaîtrons de multiples
INIREF-quelque-chose où ce quelque-chose aura pour détermination, les Etats
concrets d’Afrique.
Comment procéder
concrètement à ce renversement de l’ordre établi ? Nous avons à plusieurs
reprises développé les enseignements de Lénine. Il s’agit lors d’une situation
révolutionnaire avec une crise mûre de décider à bonne date d’une insurrection
générale armée qui aura été précédée d’insurrections locales diverses dans
une guerre civile révolutionnaire manifeste et par la mise sur pied d’un
gouvernement révolutionnaire provisoire qui devra conduire ladite insurrection générale.
Nous venons de
procéder ainsi à une critique théorique et pratique de "Manuel de
programmation en recherche opérationnelle". Nous ne pouvons terminer notre
propos sans dire quelques mots sur les tâches de l’heure. Ce sera l’exécution
de ces tâches qui consistera véritablement en la critique pratique actuelle de
"Manuel". Il s’agit du prélude à la prise du pouvoir.
Il existe des
secteurs où la situation est non seulement mûre pour la prise du pouvoir, mais
où légalement ou du moins légitimement nous devons et pouvons prendre le
pouvoir et nous mettre à l’exercer. Nous tirerons ainsi une leçon pratique de
notre lecture de "Manuel". En effet, "Manuel" fait dire à
Mayer Amschel Rothschild : "Lorsque vous prenez l’apparence du
pouvoir, les gens vous le donnent aussitôt". Cet enseignement, nous devons
nous mettre à l’appliquer partout où cela est légitime. Avec l’INIREF, nous
pouvons déjà beaucoup de choses dans les domaines de l’instruction publique, de
la culture, etc. Avec les Rois et les Chefs de terre ainsi qu’avec les Hounnons
affiliés à l’INIREF, le pouvoir judiciaire à la base devrait être chose
immédiatement acquise dès qu’affirmé surtout qu’il en est ainsi dans des pays
voisins comme le Nigeria, le Ghana et
Vivement la
révolution !
*
* *
Conclusion
1.- Il est clair que "Manuel"
s’adresse à ce qu’il appelle les élites de tous les pays du monde en la
présente phase du développement du capitalisme où l’impérialisme américain
domine tout.
Cependant, dans nos conclusions nous semblons avoir
particulièrement insisté sur ce que doivent faire les travailleurs et les
peuples de notre pays et des pays voisins dont les partis entretiennent
d’étroits rapports avec le nôtre. Toutefois, il est certain que notre réponse
théorique à "Manuel" est valable pour tous les pays et en particulier
pour les pays développés. On eût dit que "Manuel" a été conçu dans la
crainte des révolutions, crainte induite par les mouvements sociaux des années
1968 et 1969 conduits par les jeunesses étudiantes d’Europe et d’Afrique. Ils
sont venus remettre en cause la quiétude des grands bourgeois et celle des
hauts bourgeois par voie de conséquence. Les premiers avaient besoin d’une
théorie qui endorme complètement les partis communistes en vue de l’extinction
des mouvements révolutionnaires qui ont connu beaucoup d’essor au cours des
années 1926–1943 puis 1956–1969 en Europe, en Asie et en Afrique. Il fallait
chercher et trouver le concept "consentement" qui signifie en
d’autres termes capitulation des travailleurs et des peuples face aux poussées
"esclavagistes" du grand capital. Ainsi y a-t-on systématiquement
réfléchi à partir de 1968 après quatorze ans de "guerre tranquille",
de 1954 à 1968 pour en découvrir la "solution" en 1979.