Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

LA FLAMME

Supplément du 28 juin 2008 au N° 292

Organe politique du Parti Communiste du Bénin (PCB)

01 BP 2582 Recette Principale Cotonou (RB)

Tél. : 21 35 02 95 -  Site : www.la-flamme.info

 

 

 

 

 

 

Conférence des Cadres du PCB

Tenue à Cotonou le 21 juin 2008

 

 

Thème :

 

 

Critique de la théorie et de la pratique

actuelles des grands bourgeois :

contre la "guerre silencieuse" et pour

une nouvelle époque révolutionnaire au monde.

 

 

 

Rapport rédigé et présenté par

Pascal FANTODJI

Premier Secrétaire du PCB

 

Adopté à l’unanimité par

La Conférence des Cadres

 


Introduction

 

En mars 1913, Lénine publiait dans le n° 3 de "Prosvechtchénié" (L’Instruction) un article intitulé "Les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme". Le nom même de cette revue indique l’importance que le révolutionnaire Lénine (initiateur de la revue) accordait aux problèmes de l’instruction de la jeunesse et des peuples ainsi qu’on peut le noter tout au long de la vie de ce classique du matérialisme militant et du marxisme qu’il a élargi et développé. On eût dit que Lénine avait conscience de son rôle après les grands maîtres que furent Marx et Engels à qui il consacrait déjà pour le premier, un article rédigé en 1913 et de titre "Karl Marx" et pour le second un article de titre "Friedrich Engels" rédigé en automne 1895 et publié pour la première fois en 1896 dans le recueil "Rabotnik"n° 1-2. Avec ces trois articles, on a un aperçu de ce qu’étaient les pensées philosophique, économique, politique et sociale de ces grands penseurs dont Lénine se voulait élève. Le premier article ici cité comporte trois parties et une introduction que nous reproduisons intégralement :

 « La doctrine de Marx suscite dans l’ensemble du monde civilisé (à l’époque de Lénine) la plus grande hostilité et la haine de toute la science bourgeoise (officielle comme libérale) qui voit dans le marxisme quelque chose comme une « secte malfaisante ». On ne peut s’attendre à une autre attitude, car dans une société fondée sur la lutte des classes, il ne saurait y avoir de science sociale « impartiale ». Toute la science officielle et libérale défend, de façon ou d’autre, l’esclavage salarié, tandis que le marxisme lui a déclaré une guerre implacable. Demander une science impartiale dans une société fondée sur l’esclavage salarié est d’une naïveté aussi puérile que de demander aux fabricants de se montrer impartiaux dans la question de savoir s’il convient de diminuer les profits du capital pour augmenter le salaire des ouvriers. Mais ce n’est pas tout. L’histoire de la philosophie et de la science sociale montre en toute clarté  que le marxisme n’a rien qui ressemble à du « sectarisme » dans le sens d’une doctrine repliée sur elle-même et ossifiée, surgie à l’écart de la grande voie du développement de la civilisation universelle. Au contraire, le génie de Marx est d’avoir répondu aux questions que l’humanité avancée avait déjà soulevées. Sa doctrine naquit comme la continuation directe et immédiate des doctrines des représentants les plus éminents de la philosophie, de l’économie politique et du socialisme.

      La doctrine de Marx est toute-puissante, parce qu’elle est juste. Elle est harmonieuse et complète ;  elle donne aux hommes une conception cohérente du monde, inconciliable avec toute superstition, avec toute réaction, avec toute défense de l’oppression bourgeoise. Elle est le successeur légitime de tout ce que l’humanité a créé de meilleur au XIX ème siècle ; la philosophie allemande, l’économie politique anglaise et le socialisme français. (Tout ce qui a été ici souligné l’est dans le texte de Lénine).

     Un siècle nous sépare de la conception et de l’écriture de ces lignes et l’on se dirait pourtant comme en face de l’actualité brûlante quant à l’appréciation par les bourgeois du marxisme-léninisme depuis 1968 (événements de mai 68 en Europe et en France en particulier et événements de mai 69 en Afrique de l’Ouest) jusqu’à nos jours. Cependant, de nombreux économistes, politologues et sociologues relèvent les contradictions internes au système capitaliste aujourd’hui et arrivent à démontrer que ce système se détruit objectivement (Cf. "Le capitalisme est en train de s’autodétruire" de Patrick Artus et Marie-Paule Virard, Edition La Découverte, oct-nov 2005).

     Une lecture attentive des classiques du marxisme-léninisme et des économistes toutes tendances confondues montre que les idées de Marx sur les révolutions ont été confirmées par la Commune de Paris puis généralisées avec les soviets de Russie puis de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques avec une croissance du mouvement révolutionnaire jusqu’à la révolution chinoise en 1949. La croissance des mouvements révolutionnaires s’est poursuivie jusqu’aux dernières libérations des colonies françaises et britanniques d’Afrique et d’Asie de 1956 à 1960.

     Cette époque a été très riche en événements en Afrique en tant que conscience matérialisée de pays autrefois libres puis passés au joug colonial avec des hauts faits d’armes de rois et de reines noyés volontairement dans l’oubli par les esclavagistes et les colonisateurs. Cette histoire doit être réécrite. Des tentatives se font déjà. Mais il nous semble qu’elles n’ont pas encore atteint leurs objectifs. Sait-on par exemple que les impérialistes français ont déporté le roi Kpoyizoun de Tado en même temps que Béhanzin son cousin maternel et que ce roi Kpoyizoun a survécu à son cousin ? Sait-on aujourd’hui qu’une première frontière entre le Togo (colonie allemande) et le Dahomey (colonie française) était constituée par l’arc du fleuve Mono allant approximativement de Kpoba à Kpèkplèmè et que la partie en deçà de cet arc à l’Est initialement au Dahomey (Bénin) aura été cédée à l’Allemagne en 1912 avec en contrepartie la région de Boukombé pour la colonie française ? Sait-on qu’aujourd’hui, on compte environ 500.000 (cinq cents mille) Adja au Togo et environ 600.000 (six cents mille) au Bénin avec Tado comme Centre dont l’extension culturelle allait autrefois à l’Est jusqu’au fleuve Ogoun au Nigeria et peut-être au-delà, au Nord en région Maxi à Savalou, Ouèssè, à l’Ouest jusqu’au fleuve Sassandra, tout le long de l’Océan Atlantique, dans la forêt équatoriale et peut-être jusqu’à la frontière entre le Liberia et la Côte d’Ivoire ? (Cf. "Les langages de l’humanité" de Michel Malherbe, Editions Seghers et Robert Laffont S.A.,Paris 1983 et 1995, p.826, 1er alinéa).

     Cette parenthèse fermée, poursuivons notre propos. Les colonies portugaises n’avaient pas encore été libérées aux indépendances de 1960 quand, en Europe, le prolétariat s’est remis à conquérir le terrain perdu depuis que les grands bourgeois lui ont ravi les victoires sur les fascismes hitlérien, franquiste et mussolinien de 1943 à 1945. C’est en 1968 que ces mouvements révolutionnaires se sont transformés en mouvements insurrectionnels en France et en mouvements d’émancipation des Noirs aux Etats-Unis brisant la ségrégation raciale. Le spectre du communisme et du marxisme-léninisme s’est mis plus que jamais à hanter tous les grands capitalistes au pouvoir qui devaient estimer qu’il leur fallait se faire plus sérieux pour le combattre et le réduire à tout jamais. Ainsi s’expliquent les campagnes anti-communistes et les complots contre les pays révolutionnaires grands comme petits. Il fallait absolument aux grands bourgeois la capitulation de l’Union  Soviétique. Elle arrivait avec les concessions qui se multipliaient de la part des dirigeants de l’ex-Union Soviétique, concessions souvent dénoncées par certains pays (Chine, Albanie, Cuba) comme dégénérescence révisionniste puis passage au capitalisme des dirigeants de l’Union. Sur le terrain du combat entre pays capitalistes, les Etats-Unis d’Amérique semblaient bénéficier d’atouts sérieux face à l’Union Soviétique. Il y avait d’abord la franchise de leur stratégie, le désir de transformation des régimes de l’Europe de l’Est en pays capitalistes avoués pour l’implosion de l’Union Soviétique en vue de la transformation de cet ensemble en une multitude de néo-colonies ou pays dépendants. Il leur fallait une théorie convaincante pour les "élites", une théorie assez cohérente pour être distillée dans les plus grands centres de formation et s’harmoniser avec la plupart des grandes théories scientifiques. Il nous semble qu’une telle décision doit avoir été prise immédiatement après 1968 et pu déboucher réellement sur un document clandestin de travail. Telle est l’origine du "Manuel de programmation en recherche opérationnelle" que nous appellerons en abrégé "Manuel" dans le présent exposé.

     Cet exposé veut entreprendre une analyse critique de "Manuel" pour déboucher sur un approfondissement du marxisme-léninisme et les tâches actuelles des révolutionnaires. On aurait pu donner comme titre au document critiqué : " Théorie de la guerre silencieuse" qui n’est pas cachée par ailleurs dans "Manuel". Cette guerre est franchement déclarée contre les "classes inférieures" qu’on veut réduire à l’esclavage faute de pratiquer sur elles un génocide de grande échelle. Il est certain que le mouvement objectif du prolétariat et des peuples fournit les matériaux de l’avènement très prochain d’une nouvelle époque révolutionnaire qui fera suite à l’épuisement des matériaux pour la bourgeoisie (grande et haute) de la contre-révolution mondiale qui a cumulé avec la mondialisation et son cortège de délocalisations, etc.…

     La culture mondiale s’enrichit elle aussi de ces matériaux qui se produisent contradictoirement dans la domination des peuples, dans l’écrasement de cultures nationales et dans la mort de certaines langues. Les peuples semblent vouloir s’instruire, et en cherchant et affinant leurs stratégies contre eux, les puissances impérialistes enseignent par-là même aux prolétaires et aux peuples comment lutter contre leurs théories et leurs pratiques et les vaincre indubitablement ! Nous apprenons ainsi grâce à des travaux d’éminents scientifiques qui n’ont parfois pas cherché à s’intéresser au marxisme-léninisme que le genre humain est en une espèce animale sociale unique. Cette espèce possède une culture qui s’universalise et une morale progressive qui, bien connue comme indissolublement liée à l’économie, s’en est dissociée du fait des dominations impérialistes puis aujourd’hui s’en rapproche avec le développement des sciences de l’éthique, de la morale, des sciences de l’homme et de la biologie (la génétique) notamment. Des scientifiques comme Axel Kahn s’indignent de la marchandisation de parties du corps humain et de gènes dont on peut faire la culture sans  respect de la dignité humaine. D’autres comme Albert Jacquard sont révoltés que l’humanité produise suffisamment pour se nourrir pendant que des producteurs doivent mourir de faim ou de maladies…. Il nous semble aisé, en nous appuyant sur ces faits objectifs, de procéder à notre critique et de trouver les solutions aux problèmes actuels des "classes inférieures".

     A la suite des soviets du siècle dernier, les comités qui se dressent partout dans le monde, en France, en Europe plus généralement, en Amérique latine avec le Forum social mondial, au Bénin avec l’Institut International de Recherche et de Formation (INIREF) ainsi que les forums populaires, tout cela qui exige l’instruction pour tous et d’abord en langues maternelles pour chacun, le châtiment des tortionnaires, la condamnation des pilleurs des économies nationales à rendre gorge, tout cela rappelle en mieux la vieille époque de l’UGTAN (Union Générale des Travailleurs d’Afrique Noire), de la FEANF (Fédération des Etudiants d’Afrique Noire), de l’UGEED (Union Générale des Elèves et Etudiants du Dahomey) et fait penser à une résurrection d’un mai 69. Mais déjà, les travailleurs, la jeunesse et les peuples pensent à la restauration de leurs cultures nationales respectives qui ont produit des œuvres d’art respectables qui ne peuvent être classées comme "arts premiers" ou "primitifs" que dans le mépris pour ceux qui les ont produites. Nous pensons plutôt assister à une révolution culturelle et philosophique, prélude à une révolution sociale qui porte en avant l’éthique des pauvres et plus généralement l’éthique universelle.


Critique de la théorie et de la pratique

actuelles des grands bourgeois :

contre la "guerre silencieuse" et pour

une nouvelle époque révolutionnaire au monde.

 

 

 

Je voudrais  procéder ici à une critique d’un document intitulé "Manuel de programmation en recherche opérationnelle". L’importance de ce document ainsi que celle de sa critique sautent aux yeux dès qu’on en aborde la sorte de préface à une édition postérieure à l’an 2000. Je commence par reproduire la préface de cette édition ici concernée. Voici la sorte de préface :

« Le document suivant, daté de Mai 1979, a été trouvé le 7 Juillet 1986 dans un photocopieur IBM acheté à une vente de surplus militaire.

Négligence ou fuite intentionnelle, il semble que ce document ait été en la possession des services secrets de l’US Navy.

Le document, par sécurité, ne porte pas la signature de l’organisation dont il provient. Mais des recoupements d’informations et de dates laissent supposer qu’il pourrait s’agir du Groupe de Bilderberg, un "club de réflexion" qui rassemble des personnes extrêmement puissantes des mondes de la finance, de l’économie, de la politique, de l’armée et des services secrets.

Le document se présente comme un "manuel de programmation" de la société, apparemment destiné aux nouveaux membres de l’organisation.

Ce document pourrait aussi avoir été écrit par un auteur de science-fiction inspiré, ou par un journaliste bien informé. Vrai ou faux, l’important est que les stratégies qui sont décrites ici sont très largement appliquées dans les orientations de l’économie et de la société depuis 30 ans, dans tous les pays occidentaux, et avec une remarquable synchronisation.

Publié en annexe du livre "Behold a pale horse" de William Cooper, Light Technology Publishing, 1991 ».

 

Que cette édition date d’après l’année 2000 tient à un élément de la postface relative à une appréciation de la politique américaine par François Mitterrand, appréciation rapportée dans un commentaire d’un "entretien privé de cet homme d’Etat à la fin de sa vie" ("cité dans Courrier International du 13 avril 2000").

Le document qui commence effectivement après cette préface se termine à la page 29 avec ces trois mots : "Fin du document".

Notre critique supposera la lecture déjà faite par notre lecteur. Nous en reproduirons de larges extraits dans notre texte pour en faciliter la compréhension.

Cette préface est anonyme. Elle ne permet pas de dire si le ou les auteur(s) ont participé à l’élaboration du document. Elle est suffisamment confuse comme si elle se voulait intentionnellement telle de sorte que seuls les initiés puissent en saisir toute la portée et la plénitude. Toutefois, il apparaît déjà dans cette préface que le document traite du comportement que devraient avoir les hommes bien pensants face aux questions de la vie et de la société selon les auteurs. Elle affirme que les stratégies qui y sont développées étaient "très largement appliquées dans les orientations de l’économie et de la société depuis 30 ans, dans tous les pays occidentaux, et avec une remarquable synchronisation".

 

 

Il y a là une introduction au document, introduction qui doit être complétée par les trois premières lignes du "Manuel" :

« Bienvenue à bord.

Cette publication marque le 25ème anniversaire de la Troisième Guerre Mondiale, appelée "guerre tranquille", et conduite en utilisant des armes biologiques subjectives, qualifiées "d’armes silencieuses". »

 

Il me semble que beaucoup de gens, lorsqu’ils sont pressés de connaître le contenu d’un manuel, ils en lisent l’introduction puis se précipitent sur la conclusion avant de chercher à regarder certains chapitres "dignes d’intérêt". J’agis souvent de la sorte. Je ne vous dirai pas ce que j’ai fait réellement dans le cas présent. Je vous invite à regarder tout de suite ce que j’appellerais conclusion du document et qui consiste en ses sept derniers alinéas ; c'est-à-dire sa 29ème et dernière page. Je la reproduis ici.

« Si les gens se souciaient réellement de leur prochain, ils contrôleraient leurs appétits (avidité, procréation, etc.) afin qu’ils puissent ne pas avoir à compter sur un crédit ou un système d’assistance sociale.

Puisque la majorité du public ordinaire n’exercera pas une telle restriction, il n’y a que deux alternatives pour réduire l’inductance économique du système :

1)    Laisser le peuple s’entre-tuer dans la guerre, ce qui aura pour seul résultat la destruction brutale de la vie sur terre.

2)    Prendre le contrôle du monde par l’utilisation "d’armes silencieuses" économiques, sous la forme d’une "guerre tranquille", et réduire l’inductance économique à un niveau sûr, par un processus d’esclavage et de génocide.

La dernière option a été retenue comme la meilleure option évidente. A ce point, il doit être clair comme du cristal pour le lecteur pourquoi le secret absolu est nécessaire à propos des armes silencieuses. Le public ordinaire refuse d’améliorer sa propre mentalité et sa foi en son prochain. Il est devenu une horde de barbares proliférants, et à proprement parler, un fléau sur la face de la terre.

Ils ne se soucient pas de la science économique pour apprendre pourquoi ils n’ont pas été capables d’éviter la guerre en dépit de la moralité religieuse, et leur refus religieux ou auto-gratifiant de traiter les problèmes planétaires rend la solution de ces problèmes hors de leur portée.

Ceci est laissé aux quelques-uns qui veulent réellement penser et survivre comme les plus aptes à survivre, et résoudre les problèmes pour eux-mêmes comme pour ceux qui sont réellement conscients. Autrement, la révélation publique de l’arme silencieuse détruirait leur seul espoir de préserver la graine de la future véritable humanité. »

 

En dehors du vocable "inductance économique du système", cette conclusion me semble suffisamment claire et facile de compréhension. Je ne dis pas que l’on doive être d’accord avec, au contraire ! Je veux tout simplement dire que les idées des auteurs sont très claires et nettement exprimées.

Ils disent en substance : les hommes ne sont pas spontanément malthusiens et pourtant,                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            c’est ce qui devrait être et les hommes les plus instruits (?), les plus cultivés (?), les plus dignes de reproduction  pour la "bonne" reproduction de la vie devraient réduire les autres à l’esclavage et au besoin procéder à des génocides par l’utilisation  "d’armes silencieuses". Et tout cela, au mépris des préceptes moraux et religieux, etc. L’autre alternative conduirait à la destruction totale de la vie sur terre et comme l’on ne voit pas un autre terme, on la balaie d’un revers de la main.

Voilà le programme ; le programme de la société. Un programme en œuvre depuis déjà 30 ans ; un programme à enseigner aux "hommes les plus conscients" qui devront se mettre à l’appliquer pour eux-mêmes, malgré eux, exactement comme indiqué dans le "manuel de programmation en recherche opérationnelle".

Et lorsque, toute votre vie durant, vous avez avec beaucoup de vos semblables lutté contre toute réduction à l’esclavage sur terre, contre toute exploitation de l’homme par l’homme, alors on ne peut que s’indigner face à ceux qui recommandent la non révélation publique de l’arme silencieuse. Des questions se posent aussitôt.

1°) Les auteurs du document en cause craignent-ils ceux qui seraient incapables de le comprendre comme ils le souhaitent ?

2°) Et comme la dernière phrase dudit document permet de répondre à la question précédente par l’affirmative, que pense-t-on faire réellement si ce manuel fuyait réellement vers ces hommes ainsi craints ?

3°) Et comme ce document est aujourd’hui rendu public, la réponse à la seconde question n’est-elle pas déjà mise en œuvre ? Ne peut-on pas penser que quelque part, nous assistons à une diversion ?

4°) Il y a comme un mépris pour la majorité des hommes de sorte que le respect des principes démocratiques semble sous la plume des auteurs du manuel comme l’un de ces préceptes à ignorer dans cette guerre silencieuse qui préserverait la graine d’une future et véritable humanité.

5°) Quels sont alors les objectifs réels des auteurs du manuel et quelles stratégies mettent-ils en œuvre pour les atteindre ?

6°) Les objectifs contraires à ceux de la question précédente sont-ils plus humains et accessibles ? Dans l’affirmative, comment les préciser et comment mettre en œuvre les stratégies permettant de les atteindre ?

 

Notre critique tentera de répondre implicitement à toutes ces questions. D’entrée de jeu, nous ne trouvons une cohérence du manuel qu’avec l’adhésion aux thèses malthusiennes qui supposent une croissance exponentielle de la population du monde face à une croissance linéaire de la production des biens et ressources naturelles. Nous ne nous contenterons pas d’une réfutation de ces thèses. Nous ne la tenterons même pas. Nous opposerons tout simplement notre démocratisme aux auteurs du manuel et sur cette base nous essayerons d’examiner ce qui devrait être notre comportement face aux stratégies qui y sont définies. Alors, on pourra prouver comment notre méthode et la pratique qui en découle peuvent faire peur aux auteurs du manuel et doivent leur faire peur. Car au fond, les auteurs du manuel et leurs épigones entendent mener une guerre permanente qu’ils gagnent chaque jour dans la mesure où ils la pérennisent. Et si nous ne voulons plus d’une telle guerre, il s’agit alors dans la mesure où "Manuel" ne dédaigne pas les génocides, de lui déclarer la guerre et de la gagner effectivement. Dès lors que "Manuel" craint la déclaration d’une guerre contre lui, c’est qu’il se sait vulnérable et déjà vaincu par une telle déclaration par laquelle nous devons chercher à prouver que nous atteindrons par notre victoire des objectifs à bien définir et insoupçonnés de "Manuel".

Il nous faut pour cela définir notre stratégie avant de déclarer la guerre. Notre stratégie bien définie suppose une connaissance parfaite de la stratégie ou des stratégies de l’ennemi ainsi que les conditions de ses changements de stratégie. Nous partirons donc des données historiques et naturelles (empiriques) de la société ainsi que des stratégies de"Manuel".

Si les hommes sont parfois amenés à faire la guerre sous la conduite de leurs dirigeants (politiques ou sociaux), ils n’aiment pas la guerre dans leur majorité et se rebellent souvent contre elle surtout lorsqu’ils la considèrent comme injuste. La guerre permanente de "Manuel" est-elle une guerre juste ou injuste aux yeux de la majorité des hommes ? Le caractère injuste de cette guerre n’est plus à démontrer, puisque "Manuel" affirme qu’elle est dirigée contre la majorité des hommes et qu’elle conduit à  un génocide finalement voulu et avoué. Nous pouvons affirmer dès lors que nos objectifs stratégiques généraux sont l’exact opposé des objectifs de "Manuel".

 

 

 

La stratégie première de "Manuel" indiquée en page 18 du document est établie comme suit : Je reproduis ici toute la page.

« Diversion, la stratégie première

 

« L’expérience a montré que la méthode la plus simple pour rendre efficace une arme silencieuse  et gagner le contrôle du public est de maintenir le public ignorant des principes basiques des systèmes d’un côté, tout en le gardant dans la confusion, désorganisé et distrait avec des sujets sans importance réelle de l’autre côté.

Ceci est obtenu en :

1.    décourageant l’activité de leurs esprits ; sabotant leurs activités mentales ; fournissant des programmes d’éducation de basse qualité en mathématiques, logique, design des systèmes et économie, et en décourageant la créativité.

2.    encourageant leurs émotions, augmentant leur égocentrisme et leur goût pour les activités émotionnelles et physiques, en :

a)    multipliant des affronts et attaques émotionnelles (viol mental et émotionnel) au moyen d’un barrage constant de violence, de guerres, de sexe dans les medias – en particulier la TV et les journaux.

b)    leur donnant ce qu’ils désirent – en excès – "junk food" pour l’esprit, et en les privant de ce dont ils ont réellement besoin.

3.    réécrivant l’histoire et la loi, et soumettant le public à des distractions, en étant ainsi capable de déplacer leurs pensées de leurs besoins personnels vers des priorités extérieures hautement fabriquées.

 

Ceci prévient leur intérêt et leur découverte possible des armes silencieuses et de la technologie d’automatisation sociale.

 

La règle générale est qu’il y a un profit dans la confusion ; plus la confusion est grande, plus le profit est grand. Ainsi la meilleure approche est de créer des problèmes, et ensuite d’offrir des solutions.

 

Sommaire de la diversion

 

Médias : Garder l’attention du public adulte distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle.

Enseignement : Garder le public ignorant des véritables mathématiques, de la véritable économie, de la véritable loi, et de la véritable histoire.

Spectacles : Maintenir le divertissement public en-dessous du niveau de la sixième.

Travail : Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux. »

 

 

*

*               *

 

 

 

A la page 19, "Manuel" donne une table de stratégies que je reproduis aussi :

Table des stratégies

 

Faites ceci

Pour obtenir ceci

Garder le public ignorant

Moins d’organisation publique

Créer de la préoccupation

Moins de défenses

Attaquer la cellule familiale

Contrôle de l’éducation de la jeunesse

Donner moins de cash et plus de crédits ou d’indemnités

Plus de laisser-aller et plus de données

Conformité sociale

Simplicité de la programmation informatique

Minimiser la protestation contre les taxes

Maximum de données économiques, minimum de problèmes de  contrainte

Stabiliser le consentement

Simplicité des coefficients

Etablir des conditions-cadre

Simplicité des problèmes, solution des équations différentielles

Justesse du timing

Moins de décalage et de flou dans les données

Maximiser le contrôle

Résistance minimum au contrôle

 

Nous sommes dans une situation où la victoire des auteurs et amis de "Manuel" est déjà acquise. La déclaration de guerre de "Manuel" est un moyen de perpétuer sa victoire en fait incertaine. C’est bien pour cela que "Manuel" craint une déclaration de guerre de la partie adverse ainsi que la connaissance par elle de sa stratégie à lui.

 Lorsque nous lisons "Maintenir le divertissement public en-dessous du niveau de la sixième", nous nous interrogeons sur la possibilité réelle de cette contrainte. Or, si tant est que le niveau d’instruction de l’homme s’accroît avec l’expérience cumulée durant des années, des siècles, des millénaires, peut-on en forcer le niveau à une valeur fixe relativement basse ? Et si le niveau de la sixième peut être estimé au niveau intellectuel de l’âge de 12 ans, on voit aussitôt la signification de cet objectif. Même si le niveau intellectuel moyen de l’Américain est celui de l’enfant "standard" de 12 ans, peut-on convenir qu’il faut que cela stagne sur plus d’une année lorsqu’on sait que le  niveau de l’enfant de 12 ans est lui-même croissant, même si faiblement croissant ?

En admettant la croissance nécessaire du niveau de divertissement public, on se conforme à l’évolution naturelle et empirique ainsi qu’au désir certain des hommes. Et si nous prenons cette croissance régulière comme objectif à atteindre, nous nous trouvons en opposition avec les vues de "Manuel".

On n’ira pas plus loin pour faire observer que d’une part, pratiquement tous nos objectifs sont opposés à ceux de "Manuel" et que d’autre part, pour atteindre les siens, "Manuel" est obligé de procéder comme on fait en Recherche opérationnelle avec l’optimisation (maximisation ou minimisation) de variables sous contraintes. Nous pensons ici que cette méthode de "Manuel" est classique et fiable. Mieux, nous pensons que ses remarques analogiques permettent d’approfondir la recherche et d’instruire sérieusement ses adeptes avec les concepts de mécanique, d’électrostatique et d’électrocinétique avec la théorie du potentiel et autres concepts mathématiques et physiques de très haut niveau. "Manuel" ne peut donc admettre que le niveau mathématique du public s’élève dans la crainte "de la menace de la souveraineté de l’élite". Cela est dit explicitement en page 16 (je cite) :

« Au fil du temps et de l’amélioration de la communication et de l’éducation, les éléments des classes inférieures deviennent aptes à la connaissance et envieux des bonnes choses que les membres des classes supérieures possèdent.

Ceci menace la souveraineté de l’élite. »

A partir d’ici, notre méthode est claire. Nous devons aller à l’école de "Manuel". Nous devons apprendre la programmation en recherche opérationnelle pour laquelle nous savons les auteurs de "Manuel" très forts. Nous savons aussi qu’ils comptent avec les nombreuses et grandes écoles de programmation en recherche opérationnelle en leur possession. Nous comprenons aussi pour le peu que nous savons de cette discipline que si les auteurs se placent dans un "espace" donné de travail, en prenant la contraposé de leurs objectifs : minimisation là où il y a maximisation et inversement, nous devons nous poser nos problèmes en termes de problèmes duaux de ceux de "Manuel".

Telle doit être ici notre méthode théorique générale qui nous permettrait de lire des solutions à nos problèmes à partir de "Manuel".

Avant de procéder à cette lecture, on fera ici un retour aux problèmes humains avec la théorie universelle de l’homme. Cette théorie qui prône l’unicité de l’espèce humaine estime que cette espèce doit se manifester avec le développement de toutes ses variétés qui font sa spécificité. Les différentes variétés de l’homme consistent en ses différentes langues avec leurs parlers. Le respect de cette spécificité consiste en le respect des langues, en leur protection pour leurs survies respectives. Il résulte de ce précepte peut-être moral que l’espèce humaine doit veiller elle-même à ce que les langues meurent peu. Une conséquence de ce respect consiste en l’exigence que chaque langue devienne le support de la science au dernier cri, puisse passer par tous les canaux de diffusion existants, Internet notamment et qu’il soit loisible à chaque homme de pouvoir s’instruire en sa langue maternelle pour accéder plus aisément à toute autre langue et au savoir dans son intégralité. Tout cela est admis dans les institutions internationales, à l’UNESCO en particulier. L’homme avec son devenir exclut ainsi un entretien particulier d’élites et l’élitisme. Seule l’indépendance des peuples, leur autonomie administrative pour le moins et la démocratie au sein des communautés sont compatibles avec ces caractéristiques du genre Homo en une espèce animale sociale. Tout cela a reçu une preuve scientifique fort heureusement et l’élitisme dont parle "Manuel" ressemble plutôt à un mélange d’esclaves scientifiques et de grands bourgeois maîtres des précédents et qui collaborent avec des hautes bourgeoisies cupides et voraces dans les colonies, néocolonies et pays dépendants.

"L’élite" intellectuelle qui a pu prouver cette unicité du genre Homo en une seule espèce est certainement capable au moins partiellement de se désolidariser de ces grandes bourgeoisies et travailler à l’affirmation plus prononcée de ce devenir de l’homme. Elle formera avec ce qui est ici appelé "majorité du public ordinaire" (page 29) ou "classes inférieures" (page 16) une opposition franche aux vues de "Manuel". Ce qu’il faut souligner ici, c’est que les démonstrations scientifiques de résultats progressifs sommairement présentés ci-dessus résultent du travail de la nature et principalement de lutte des classes. Là où la lutte des classes n’a pas été suffisante, on assiste toujours à une ignorance de ces résultats progressifs, à leurs rejets et en conséquence à une domination forcenée des classes supérieures.

La tâche fondamentale qui apparaît pour le genre humain est le renversement définitif de la domination des classes supérieures, la bourgeoisie et celle-ci, en disparaissant comme classe dominante, voit disparaître du coup et à tout jamais (la vigilance aidant) les classes dominées pour l’émancipation véritable de l’Homme. Cette tâche commence par l’organisation des classes dominées où un rôle particulier aura été assigné à l’élite intellectuelle qui se sera mise de leur côté et ce rôle doit consister en la recherche à coût minimum de l’instruction de chacun et de tous aux niveaux les plus élevés et sans cesse renouvelés dans tous les domaines du savoir. Il s’agit là d’investir des sciences particulières, les sciences cognitives et les faire approprier par les classes inférieures (les prolétariens et le prolétariat), première condition de libération définitive de l’esclavage et de la dépendance. Il suffit d’un coup d’œil sur la situation du monde pour observer que les ressources inexplorées sont encore énormes pour l’édification et la popularisation de ces sciences cognitives qui supposent la mise en œuvre de banques de données et un développement de puissants logiciels pour leur analyse et traitement. Le génie logiciel va donc de paire avec les sciences cognitives et tous deux permettront l’investissement de tous les domaines théoriques, techniques et technologiques pour l’élévation sans cesse accrue du niveau scientifique et culturel des peuples et sans discrimination d’aucune sorte.

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La lecture que nous nous proposons de faire de "Manuel" admet des conditions très intéressantes ; celles-ci sont liées à la variabilité de l’espace objet des "classes supérieures" et celle corrélativement du dual avec le temps. "Manuel" fige ses prémisses à l’état de domination actuelle des classes dirigeantes et les stratégies sont conçues pour maintenir cette rigidité. Le contexte philosophique est celui des idées économiques de Hayek avec les formalisations d’un Atlan ou d’un Petitot. Nous n’insisterons pas davantage sur cette question.

A la page 16 de "Manuel", on peut lire :

« Si l’ascension des classes inférieures peut être contenue assez longtemps, l’élite peut parvenir à la dominance de l’énergie, et le peuple, par consentement (souligné par nous) ne tiendra plus alors une position de ressource énergétique essentielle ».

Et en page 17, un sous-titre important :

« Consentement, la première victoire ».

En page 17, il est précisé :

« Un système d’arme silencieuse opère à partir de données obtenues d’un public docile par des moyens légaux ».

A partir de là, nous pouvons énoncer la première victoire d’un peuple révolutionnaire comme exact opposé de la première victoire de l’élitisme. Le rejet manifeste de la domination des classes dirigeantes par le peuple est la condition de départ pour la libération du joug de l’oppression et de la servitude. Une fois cela obtenu, faudra-t-il organiser la libération effective en commençant par des actions les plus légales possibles qui encouragent les travailleurs et les peuples à poursuivre dans leurs avancées. Il doit être admis que les conditions subjectives auront été déjà créées pour l’instruction de tous et de chacun dans sa langue maternelle ainsi que cela se conçoit aujourd’hui. Le caractère légal des méthodes tient au fait que les progrès ininterrompus constituent la caractéristique de la pratique humaine malgré les hauts et les bas que l’on peut observer de temps à autre. Nous prenons en compte le trend général du mouvement historique de l’homme et plus particulièrement les progrès spécifiques de l’espèce actuelle. Il n’y a rien à supputer de sa disparition en tant qu’espèce. Ce n’est en tout cas pas les thèses de Malthus qui pourraient déterminer une mutation débouchant sur une autre espèce stable, ni l’élitisme tel qu’il se définit dans "Manuel". Peut-être, la résistance de groupes d’hommes particuliers aux affections s’attaquant au génome lui-même tels le SIDA, les hépatites B et C, etc., constituerait-elle une indication aux prochaines mutations pour l’homme futur ? La science, nous semble-t-il, n’a pas encore prouvé des mutations possibles à partir de phénomènes sociaux et les groupes d’hommes socialement privilégiés capables d’instaurer des cotisations individuelles pour la pérennité de leurs groupes n’ont pas encore provoqué des mutations ayant conduit à des espèces stables. Les cotisations individuelles ont toujours existé dans tous les groupes sociaux, y compris chez les plus démunis (tontines, etc.).

La suppression de plaies du genre Homo en une seule espèce, telle la suppression de l’exploitation de l’homme par l’homme pourra permettre que les mutations ultérieures se produisent dans une espèce moralement très évoluée et les temps futurs connaîtront la poursuite des progrès des Hominidés. Il est peut-être idéologique de faire cette hypothèse qui ne peut pas ne pas reconnaître la lutte des classes à la base de la société actuelle. Et si l’on peut prouver que c’est la lutte des classes que pratiquent aussi les classes dirigeantes, la reconnaissance de ce fait est aussi la garantie d’un progrès moral à soutenir pour des objectifs que nous ne pouvons contrôler, mais souhaiter en être dignes, respectables et respectueux des autres.

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Il n’est pas arbitraire d’utiliser ce que les peuples ont de plus révolutionnaire pour résoudre le problème posé. C’est la seule voie permettant la sauvegarde et la prise en compte de toute la richesse du passé. On ne peut donc se limiter à un domaine particulier dans l’évaluation de ce caractère révolutionnaire. On doit utiliser ce qui permet de recueillir tout ce qui existe et a existé de positif et de progressif. Les chercheurs dans tous les domaines et ceux qui s’intéressent surtout à l’éthique progressive sont interpellés : pays par pays et dans l’ensemble de tous les pays sans discrimination avec la richesse des variétés culturelles et des langues. Les survivances de ce qui a pu permettre la mort de langues et d’aspects importants des cultures, les déclarations de guerres génocidaires, etc., l’apartheid, la ségrégation raciale, le parcage d’hommes dans des réserves (réserves d’Amérindiens, bantoustans), tout cela constitue des plaies dont on doit guérir physiquement, moralement et psychologiquement. La critique des manifestations de ces survivances et la lutte contre elles sont des gages de mise en œuvre des chantiers, les terrains sur lesquels on peut semer le nouveau pour le futur. Or, "Manuel" semble prôner un esclavage perpétuel ; or les idées développées dans "Manuel" prouvent que le champ d’expérimentation consiste en les Etats-Unis d’Amérique qui a connu beaucoup de ces fléaux cités. Il est difficile d’admettre ce qui y a été dit à moins d’appartenir à une élite qui n’a cure des questions morales et éthiques. "Manuel" est bien clair sur ses intentions contraires  et ne peut que subir le contre-pied de ses idées de la part de ceux qui se préoccupent réellement de la survie de l’homme.

"Manuel" parlant au nom de l’élite du monde pense pouvoir poursuivre la domination de celle-ci  avec la formation des experts en "Manuel de programmation en recherche opérationnelle". Ces experts sont appelés à éduquer l’humanité entière avec l’organisation de séminaires à l’intention des personnels de toutes les sociétés de production ou de vente avec pour point d’appui les cadres formés dans les écoles de haut niveau et qui appartiennent d’emblée à l’élite. Une philosophie est à la base de l’enseignement de ces experts : l’individualisme et la dépendance servile aux supérieurs hiérarchiques pour s’assurer ou se convaincre que l’on doit jouer et faire jouer le rôle d’esclave à la majorité des hommes sur terre. Et l’on pense que la victoire de l’élite est assurée et qu’elle commence avec le "consentement" de la majorité des travailleurs et des peuples du monde.

Ce "consentement" est-il total ? Voilà qui est moins sûr. Et s’il existe des hommes ayant reçu l’instruction de l’élite avec une morale contraire à celle de "Manuel", ce qui est "consentement" à un moment donné peut-il le demeurer indéfiniment ? Seule la lutte des classes peut nous permettre de conclure. Et dès lors qu’il existe des peuples qui se rebellent contre les élites, rejetant ainsi le "consentement", il convient de poursuivre dans l’investigation de ce qu’ils peuvent et doivent faire pour renverser la domination des élites.

Les révolutionnaires peuvent mettre à profit l’éparpillement des ressources de l’élite qui agit avec l’individualisme. Il faudra pour cela que l’élite des pauvres, nous appelons ainsi tous ceux qui ont reçu l’instruction des élites et qui pourtant se placent du côté des "classes inférieures", se décide ainsi qu’il le faut. En dégageant dans chaque pays un noyau qui procède à une série de choses :

a)    une intense campagne de l’instruction pour tous et au dernier cri dans les langues maternelles de chacun et de tous ;

b)    une mise en forme de ces programmes d’enseignement à partir de la création d’écoles de recherche en science de la cognition et en pédagogie incluant de facto la spécialisation en génie logiciel et robotique ;

c)    une enquête systématique sur les sites Internet ayant un contenu proche des objectifs ou pouvant permettre la mise en œuvre de riches banques de données à mettre au service des hommes.

Nous partons des hypothèses que, contrairement aux vues de "Manuel",

a)    les hommes s’associent spontanément et ne peuvent s’imaginer vivre isolés comme des ermites et que partant, ils inclinent à mépriser et rejeter l’individualisme ;

b)    les hommes ont envie de s’instruire et regrettent leur ignorance lorsqu’ils n’ont pu à un âge avancé accéder à l’instruction. La tendance est de s’offrir les possibilités de s’instruire toujours jusqu’à la fin de ses jours ;

c)    la démocratie et le partage des responsabilités de ce qui intervient avec ses voisins est de plus en plus le leitmotiv des hommes qui se différencient par-là même des animaux et même des animaux sociaux ;

d)    pour chaque individu, le travail en groupe n’est épanouissant que s’il est peu contraint et permet le développement de ce que l’on pense être ses aptitudes et ses compétences réelles ; c’est la marque du rejet de l’esclavage.

Ce qui vient d’être dit en quatre points ne concerne pas ceux qui jouissent de privilèges à la tête de sociétés de production ou de service capitalistes. On comprend aisément que notre propos s’adresse à la majorité de la population constituée de travailleurs salariés et de petits bourgeois travaillant pour leurs propres comptes.

Nous savons maintenant dans quel cadre nous abordons les résultats duaux de ceux de "Manuel" et pour quelles fins.

Il nous suffit pour l’essentiel de lire la page 19 de "Manuel" en transposant les énoncés.

Nous avons ainsi pour table des stratégies des travailleurs et des peuples les résultats ci-après valables dès maintenant.

 

Faites ceci

Pour obtenir ceci

Plus d’organisation publique

Le peuple voudra s’instruire davantage

Plus de défenses publiques

Le peuple a alors moins de préoccupation et il se libère pour des activités plus intéressantes pour lui

Veiller à l’exigence de l’instruction de la jeunesse dans la liberté de choix de ses options

La cellule familiale sera plus compacte et plus utile pour la société en lutte

Exiger le moins de laisser-aller au niveau de l’Etat et moins de contrôle

Alors les travailleurs exigeront plus de cash et moins de crédits

Exiger la programmation informatique de haut niveau des questions publiques

Diversification des ressources et des qualités des membres de la société

Révélation des données économiques et des contraintes

Protestation des travailleurs contre les taxes

Dénoncer les complications administratives

Mécontentement social accru, exigence d’une nouvelle administration, notamment sa simplification vers l’autonomie administrative locale

Dénoncer les problèmes ainsi que leur non résolution par le pouvoir d’Etat

Défense de nouveaux termes de la Loi fondamentale

Dénoncer le désordre administratif

Exigence par les travailleurs de planning dans les activités d’Etat

Résistance maximum au contrôle d’Etat

Minimisation du contrôle d’Etat

 

Nous avons là les conditions du rejet du "consentement" ou rejet de la soumission au diktat de l’Etat des grands et hauts bourgeois.

Et lorsque ce rejet est bien acquis avec l’émergence de nouvelles lois constitutionnelles énoncées et exhibées dans le cadre d’organisations légales bien connues du pouvoir, on peut dire que les conditions sont mûres pour le renversement de l’ordre établi.

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Comment procéder alors au renversement de l’ordre établi ?

Les esclaves classiques, dans leurs soulèvements ont toujours été obligés d’agir en clandestinité d’abord avant de réunir des forces pour se démontrer face à leurs maîtres. Ils ont toujours été mâtés et leurs rébellions se sont soldées par des échecs. Il est pour le moins curieux que des grands bourgeois au pouvoir, disposant des élites formées dans les plus grands et prestigieux centres de formation aient conseillé et observé la clandestinité pour agir contre les peuples, les "esclaves" ainsi qu’ils les appellent eux-mêmes dans "Manuel". Il leur faut la capitulation complète des esclaves, le "consentement" aux exactions pour se déclarer véritablement vainqueurs. Il y a manifestement la peur de l’organisation des "esclaves" qui remette en cause la domination des vainqueurs qui se savent vulnérables avec la possibilité d’être renversés avec les esclaves organisés. L’élite des esclaves bénéficie elle, de la force physique des esclaves organisés ainsi que de l’instruction et de la science des élites formées dans les mêmes grands centres de formation que les maîtres ou dans des écoles analogues à celles des maîtres. Poursuivre la formation de cette élite et organiser systématiquement les masses travailleuses et tous les esclaves salariés est une première tâche à exécuter pendant ou immédiatement après le rejet du "consentement". Et pour cette organisation, si l’on doit toujours commencer clandestinement, il faudra néanmoins à un moment donné affirmer haut et fort la volonté de passer à la prise du pouvoir et le prendre effectivement. Dès lors que les matériaux législatifs populaires se mettent à cumuler pour un changement de la Loi fondamentale, pour un changement de la Constitution, il faut se mettre à préparer pratiquement cette prise du pouvoir par le peuple. Il faudra à point nommé affirmer cette décision de prendre le pouvoir et chercher les points d’appui à l’extérieur du pays, s’assurer de leur existence et féalité en même temps que l’on prépare l’élite instruite. Aujourd’hui, la préparation de cette élite instruite doit se concevoir dans la perspective d’instruire tous les peuples de sorte que ce projet peut et doit impliquer autant que possible plusieurs peuples à la fois pour une implication ultérieure de l’ensemble du monde entier. C’est ce que nous enseignent les expériences passées ainsi que l’expérience directe et actuelle des peuples du Bénin. Il n’est pas besoin d’aller ici dans les détails d’ailleurs déjà bien connus.

Nous avons une longue expérience de clandestinité révolutionnaire. Nous avons aussi une longue expérience de lutte pour le changement de Constitution et savons agir en temps opportun pour exiger ces changements. Nous n’avons certes pas encore connu de victoire tangible. Cependant, nous savons nous organiser, nous savons organiser les larges masses par secteurs, par couches sociales, etc. Nous savons organiser la jeunesse, les femmes, les combattants, les miliciens, les comités de combattants en brigades de choc, les chasseurs ; nous savons utiliser à la cause révolutionnaire des organisations séculaires qui existaient depuis longtemps déjà et savons en actualiser les formes et les contenus. Nous savons éprouver tout cela dans les combats quotidiens qui illustrent assez singulièrement notre "table de stratégie", duale de la "table de stratégie" de "Manuel".

Nous osons affirmer que le peuple rejette le "consentement". Le peuple rejette la politique de la haute bourgeoisie. Et pendant que nous faisions ce constat, nous avons trouvé nécessaire de procéder à la pose des premières pierres de l’école des hautes études de formation de l’élite qui étudiera la pédagogie propre à généraliser l’instruction à toute notre société ainsi qu’aux peuples voisins que sont la Côte d’Ivoire et le Mali. C’est vous dire qu’avec le PCRCI (Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire) et le PCM (Parti Communiste du Mali), nous nous sommes au PCB (Parti Communiste du Bénin) lancés dans un projet commun qui verra bientôt l’ouverture des portes d’une Ecole des Sciences cognitives impliquant l’enseignement du génie logiciel au plus haut niveau.

N’oublions pas qu’avec l’INIREF (Institut International de Recherche et de Formation) nous avons l’expérience de l’instruction dans nos langues et l’organisation des groupes culturels dans tout notre pays. Nous avons fait partager avec les deux partis amis cités tantôt cette expérience au point de dire que dans les prochaines années, au-delà de l’INIREF-Bénin, nous connaîtrons de multiples INIREF-quelque-chose où ce quelque-chose aura pour détermination, les Etats concrets d’Afrique.

Comment procéder concrètement à ce renversement de l’ordre établi ? Nous avons à plusieurs reprises développé les enseignements de Lénine. Il s’agit lors d’une situation révolutionnaire avec une crise mûre de décider à bonne date d’une insurrection générale armée qui aura été précédée d’insurrections locales diverses dans une guerre civile révolutionnaire manifeste et par la mise sur pied d’un gouvernement révolutionnaire provisoire qui devra conduire ladite insurrection générale.

Nous venons de procéder ainsi à une critique théorique et pratique de "Manuel de programmation en recherche opérationnelle". Nous ne pouvons terminer notre propos sans dire quelques mots sur les tâches de l’heure. Ce sera l’exécution de ces tâches qui consistera véritablement en la critique pratique actuelle de "Manuel". Il s’agit du prélude à la prise du pouvoir.

Il existe des secteurs où la situation est non seulement mûre pour la prise du pouvoir, mais où légalement ou du moins légitimement nous devons et pouvons prendre le pouvoir et nous mettre à l’exercer. Nous tirerons ainsi une leçon pratique de notre lecture de "Manuel". En effet, "Manuel" fait dire à Mayer Amschel Rothschild : "Lorsque vous prenez l’apparence du pouvoir, les gens vous le donnent aussitôt". Cet enseignement, nous devons nous mettre à l’appliquer partout où cela est légitime. Avec l’INIREF, nous pouvons déjà beaucoup de choses dans les domaines de l’instruction publique, de la culture, etc. Avec les Rois et les Chefs de terre ainsi qu’avec les Hounnons affiliés à l’INIREF, le pouvoir judiciaire à la base devrait être chose immédiatement acquise dès qu’affirmé surtout qu’il en est ainsi dans des pays voisins comme le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire. Avec les chasseurs et les jeunesses de brigades, la défense du territoire doit être considérée comme assurée par les démocrates révolutionnaires. Avec les cliniques traditionnelles, nos tradithérapeutes peuvent affirmer assurer de suite le pouvoir dans le domaine de la santé pour tous. Toutes ces choses affirmées et martelées pendant quelques mois devraient nous conduire rapidement au pouvoir effectif dans tous ces domaines ainsi qu’à l’affirmation du pouvoir partout quelques instants plus tard avec la certitude que nous, démocrates révolutionnaires, exerceront bientôt le pouvoir sur l’ensemble du pays et dans tous les domaines.

Vivement la révolution !

 

 

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Conclusion

1.- Il est clair que "Manuel" s’adresse à ce qu’il appelle les élites de tous les pays du monde en la présente phase du développement du capitalisme où l’impérialisme américain domine tout.

Cependant, dans nos conclusions nous semblons avoir particulièrement insisté sur ce que doivent faire les travailleurs et les peuples de notre pays et des pays voisins dont les partis entretiennent d’étroits rapports avec le nôtre. Toutefois, il est certain que notre réponse théorique à "Manuel" est valable pour tous les pays et en particulier pour les pays développés. On eût dit que "Manuel" a été conçu dans la crainte des révolutions, crainte induite par les mouvements sociaux des années 1968 et 1969 conduits par les jeunesses étudiantes d’Europe et d’Afrique. Ils sont venus remettre en cause la quiétude des grands bourgeois et celle des hauts bourgeois par voie de conséquence. Les premiers avaient besoin d’une théorie qui endorme complètement les partis communistes en vue de l’extinction des mouvements révolutionnaires qui ont connu beaucoup d’essor au cours des années 1926–1943 puis 1956–1969 en Europe, en Asie et en Afrique. Il fallait chercher et trouver le concept "consentement" qui signifie en d’autres termes capitulation des travailleurs et des peuples face aux poussées "esclavagistes" du grand capital. Ainsi y a-t-on systématiquement réfléchi à partir de 1968 après quatorze ans de "guerre tranquille", de 1954 à 1968 pour en découvrir la "solution" en 1979.