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POINT DE VUE SUR LES GUERRES :
3è Conférence des intellectuels traditionnels du Bénin.


Partie I
Partie II

Partie III

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La WEB TV

DECLARATION DU PCB
Politique

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. :21 35 02 9 5/97 68 88 73 – Site : www.la-flamme.info

========

A propos du 3ème  gouvernement de «changement» :

Boni YAYI, KOUPAKI et consorts descendent irrésistiblement aux enfers,

aux peuples de ne pas s’y laisser précipiter.

 

   Après des mois de tractations, Boni YAYI a fini par publier, le mercredi 22 octobre 2008, la liste des membres de son troisième gouvernement.

   On y compte 30 membres au lieu de 26 dans le précédent. Pensant justifier l’inflation de l’équipe gouvernementale, le nouveau porte-parole, Victor TOKPANOU, dit : « Trois grandes lignes directrices expliquent ce gouvernement :la volonté du Chef de l’Etat d’obtenir une couverture intégrale de l’ensemble du territoire, … une plus grande responsabilisation du ministère, ..l’ouverture au MADEP et au G13 »(Fraternité n°2204 du jeudi 23 octobre 2008).

    Point n’est besoin de s’étendre sur les élucubrations du nouveau porte-parole. Aucun des gouvernements connus dans notre pays n’a jamais eu des membres concentrés dans un seul département. Tous les pouvoirs ont toujours parlé d’équilibre régional en pensant que la question nationale, celle de l’émancipation des nationalités et des peuples, trouverait une solution par ce fait.

   Ensuite, la raison d’une «responsabilisation du ministère» qui aurait conduit à  diviser des «ministères trop grands», ce qui «fatalement amenait à négliger certains aspects de travail» apparaît également fallacieuse ; sinon dans ce même nouveau gouvernement, on continue d’avoir de gros ministères comme celui de la Décentralisation, de la Gouvernance locale et de l’Aménagement du territoire. A moins que Boni YAYI et les siens ne sachent ce que signifie l’aménagement de territoire, doit-on comprendre  qu’il devrait être négligé ?

   La troisième raison est celle de l’ouverture politique. Là se trouverait la vérité si l’ouverture signifiait le renoncement par Boni YAYI aux tendances fascistes du pouvoir personnel au service du capital financier.

   Or, il  apparaît que l’ouverture recherchée par Boni YAYI a consisté à débaucher, à son profit personnel et de son parti-Etat FCBE, des membres de la haute bourgeoisie, généralement déjà inféodés à d’autres partis. Ces derniers regroupés en les alliances G4, G13 ou Force-Clé  entendent au contraire se vendre globalement et non en détail et plus chers pour le partage du gâteau. Alors les tentatives de débauchage ont été aussitôt dénoncées, directement par le G13 avec la démission annoncée dès la formation du gouvernement des deux ministres nommés en son sein, et la désolidarisation du MADEP de ses anciens militants nommés ministres. Le troisième gouvernement de Boni YAYI aussitôt formé est défait.

   Alors quelles sont les véritables caractéristiques de ce troisième gouvernement ? Il s’est agi pour Boni YAYI de consolider son pouvoir personnel en contentant ses courtisans (chefs de missions et conseillers techniques) les plus zélés et les plus soumis au service du capital financier et contre la volonté d’émancipation des travailleurs et des peuples.

   Ainsi des ministères ont été saucissonnés pour trouver de la place aux hommes corrompus  tel Issifou TAKPARA (qui a toujours des dossiers pendants à la justice pour détournement des fonds de l’université) et autre escroc politique Issa BADAROU. Dans la même veine, ont été promus au ministère de l’intérieur Armand ZINZINDOHOUE, l’homme des basses besognes et complice des affaires scandaleuses au niveau des Travaux publics (réfection du Palais des Congrès, aéroport de Tourou, construction des villas de la CEN-SAD). De même,  Boni YAYI non satisfait de toutes les turpitudes de la justice contre le peuple,  y envoie son juriste politologue à tout faire, Victor TOPANOU pour tenter de museler les libertés et les droits des citoyens.

   Avec l’arrivée de ces hommes autour  du couple  YAYI- KOUPAKI dans le bradage du patrimoine public, on observe que le troisième gouvernement de «Changement»  est, dès sa formation, un avorton qui marque la descente irrésistible de Boni YAYI aux enfers. Ce n’est pas le remplacement du chroniqueur creux GBEGNONVI Roger par un non-être politique Galiou SOGLO qui donne la solution attendue aux exigences d’arrêt des Nouveaux Programmes d’Etudes et d’instruction dans les langues nationales. Le limogeage de Issa DEMOLE MOKO ne règle pas la question nationale et la nécessité du découpage territorial sur la base de l’autonomie administrative aux nationalités pour leur émancipation. La promotion de corrompus notoires, de repris de justice indique l’enlisement dans la corruption dont tout le monde sait (et les débats autour du budget remanié l’ont montré au grand jour), que le Chef de l’Etat lui-même est le centre.

   Enfin le bradage des entreprises publiques, le maintien de la francophonie dans le sigle du ministère des affaires étrangères  (pour le rayonnement du français) font  voir que  c’est toujours l’apatridie et la corruption qui sont au pouvoir !!! Alors mettre six mois pour former un gouvernement avorton, mettre six mois pour ne donner satisfaction à aucune des revendications clamées par les travailleurs et les peuples, c’est signer sa propre forfaiture.

   Il ne reste au peuple qu’une seule solution face à tant d’incompétence et d’incapacité : chasser le couple  YAYI- KOUPAKI du pouvoir pour éviter au pays la descente aux enfers avec  lui.

 

Cotonou, le 23 Octobre 2008.

                                                                         

Le Parti Communiste du Bénin.-
Transmis par laflamme le 28 October 2008 à 23:14:37 (885 lectures)
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PCB SUR LE DECOUPAGE ADMINISTRATIF
Politique

PEUPLES DU BENIN ! LEVEZ-VOUS POUR VOUS LIBERER

DE L'OPPRESSION IMPERIALISTE ET DE L'ARBITRAIRE


Dans une émission intitulée « Le Nouveau découpage territorial et les chefs-lieux des nouveaux départements quels enjeux ? », sur l’ORTB et en duplex sur ‘Canal 3’ le lundi 06 octobre 2008, Issa Démolé MOKO, Ministre de la Décentralisation, annonce à la surprise générale, le choix des chefs-lieux des six nouveaux départements du Bénin. Pour quiconque réfléchit quelque peu, le découpage territorial d’un pays relève de la question nationale. Or la question nationale a été depuis longtemps et sous tous les angles étudiée et résolue par le Parti Communiste du Bénin.

En effet, Le Parti Communiste du Bénin, dès sa création en 1977, a entrepris une vaste étude des réalités économiques et sociales du Bénin, depuis les sociétés précapitalistes jusqu’aux formations actuelles et en a publié régulièrement les résultats. Il a conclu que le Bénin est un pays multinational - dans le sens de l’existence de plusieurs nationalités - dominé par l’impérialisme français et sur la base de cette réalité visible et têtue, inscrit dans son programme ce point : « Libérer et unir les nationalités ». Sur cette base, la Démocratie révolutionnaire a préconisé depuis 1988 (Voir Documents de la Convention du peuple, novembre 1988) le découpage du territoire en une quarantaine de régions. Quelques correctifs ont été apportés à ce découpage par Pascal Fantodji dans le document" Pour une République Démocratique Moderne" (juillet 1989) au regard d’études plus poussées de démocrates.

Ces propositions du PCB et de toute la démocratie révolutionnaire faites sur la base de l’étude du mouvement réel de notre société, ont été reprises et développées en 1997 lors des débats à propos des lois dites sur la décentralisation :

1° « Libérer le pays et ses nationalités de la domination étrangère notamment en ce qui concerne les langues nationales toutes dominées et niées au profit exclusif  du français.

2° Instaurer l’autonomie administrative locale. Le découpage territorial du pays en région devrait se faire sur la base ethnique.  Les ethnies importantes  pourraient être divisées en plusieurs régions sans empiéter sur les ethnies  voisines…

3° Enrayer en priorité l’analphabétisme de toute la population à l’aide des langues nationales et introduire les langues (comme vecteur du savoir) à l’école » (Cf. La Flamme N° 259 du 11 Août 1997 consacré à la question nationale).

Avec le découpage territorial ainsi préconisé par le PCB et l’ensemble de la démocratie révolutionnaire, chaque nationalité non seulement pourra gérer ses affaires au plan administratif (avec le droit pour les populations de désigner et de révoquer tous les responsables depuis le village et quartier de ville jusqu’au sommet de la région) mais encore pourra développer ses propres institutions intellectuelles, culturelles (universités, écoles  dans la langue de la nationalité, les musées et conservatoires, l’académie de la langue de la nationalité, etc.). Ainsi libérées, les nationalités s’uniront contre tout ennemi intérieur comme extérieur qui s’aviserait à vouloir  remettre en cause cette liberté.

S’agissant du découpage territorial tel préconisé par les lois de décentralisation, le Parti Communiste du Bénin a dit :

 « Opérer le découpage territorial en tenant compte des spécificités des hommes qui y habitent actuellement, tout en laissant l’ouverture au libre déplacement et installation des hommes de tous les horizons en combattant les pratiques xénophobes et tribalistes pour l’autonomie administrative locale, l’accès de tous à l’information ( par l’instruction de tous) pour une meilleure productivité, voilà ce qu’exigent les sciences et le patriotisme. Or le projet de loi sur la décentralisation ne touche au découpage qu’en divisant chaque département en deux.(…) Les critères mis en avant sont ceux de la grandeur du territoire et la création de nouveaux pôles de développement donc de disparité. Se retrouveront alors par exemple dans le nouveau département de l’Atacora, à côté des Bêtammaribè (Otamari), les Batombou de Kouandé ; au sud (dans la Donga),  les Anii, les Lokpa seront avec les Yoa et les Batombou. Les Shabè, Idaasha et Mahi seront ensemble dans le nouveau département des Collines. On comprend alors avec le critère de création de nouveau pôle de développement que la  "guerre" soit âpre entre les nationalités pour qui abriterait le chef-lieu du nouveau département et cette guerre continuera. Le découpage par région ethnique évite de tels conflits et place les régions sur un même pied (d’égalité) face au centre ».  (Cf. La Flamme N° 259 du 11 août 1997 cité plus haut consacré à la question nationale).

Voilà qui est clair et limpide. Tout écart par rapport aux propositions du PCB pour la libération des nationalités entraînerait « que la  "guerre"..…âpre entre les nationalités pour qui abriterait le chef-lieu du nouveau département» se poursuive.

Cette révolte sera d’autant plus prompte que les masses apprendront à forger les outils de leur émancipation. Cet apprentissage à commencé depuis 1997, avec la fondation de l’INIREF, où les sections de nationalités s’éveillent dans la mise en place de leurs universités populaires pour l’accès à l’instruction à travers leurs langues nationales, participent aux éditions de la Fête des Peuples du Bénin avec la crème de leurs danses nationales, où leurs rois et chefs de terre revendiquent la reconnaissance de leur rôle en tant que juges et administrateurs locaux, où avec tous leurs peuples et les patriotes, ils exigent la suppression des Nouveaux programmes d’Etudes (NPE) pour l’accès de chacun et de tous à l’instruction à travers sa langue maternelle en vue d’accéder en mieux à d’autres langues étrangères.

Mais lorsqu’on a affaire à des gouvernants aliénés aux puissances étrangères au point de devenir comme idiots, lorsqu’on pense, non pas à son peuple, mais aux comptes rendus aux maîtres français et à la francophonie, alors on devient sourd à tout ce qui peut aider à l’émancipation des peuples. On peut continuer de parler de "critères techniques et d’expériences" de choix de chefs-lieux en ignorant qu’il s’agit de la question nationale et occulter complètement les données concrètes mises en avant à cet effet par les études du PCB et de son Premier Secrétaire Pascal Fantodji depuis des décennies. On peut continuer d’ânonner à propos de l’approche par compétence sans comprendre que cela ne se peut qu’à travers la langue première, la langue maternelle de l’enfant,  et que si l’on veut que l’enfant parle bien une langue étrangère, le français en occurrence, il le parlera mieux s’il l’apprenait à travers sa propre langue déjà sue et maîtrisée et qu’il faut alors supprimer les Nouveaux Programmes d’Etudes.

Mais, nos gouvernants sont comme des idiots qui, surpris par les réactions des masses populaires se mettent à mentir. Ainsi le ministre Issa Démolé MOKO s’est dépêché de retirer les propositions de chefs-lieux du pouvoir en prétendant que ces propositions n’engagent que sa personne et non l’ensemble du gouvernement ! Un tel ministre doit-il rester une journée de plus dans un gouvernement ? Et un gouvernement qui couvre un tel forfait d’ignorer les exigences claires des peuples ne doit-il pas recevoir une correction populaire exemplaire ?

Le Parti Communiste du Bénin dit alors aux peuples, continuez vos combats pour l’émancipation totale et intégrale. Poursuivez vos combats pour vous émanciper de toute oppression et de toute domination avec l’instauration de l’autonomie administrative locale et le droit de vous instruire dans vos langues nationales. Mettez sur pied les comités de vos nationalités, communes et villages pour exiger du pouvoir cette liberté ou à défaut pour un autre pouvoir qui la consacre. 

 

Nous disons non à l’arbitraire !

Non aux manœuvres de division des peuples !

En avant pour l’émancipation des peuples !

 

 

 

Fait  Cotonou, le 13 Octobre 2008

 

Le Parti Communiste du Bénin.-

Transmis par laflamme le 15 October 2008 à 04:10:08 (845 lectures)
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FORUM POPULAIRE N 2
Politique

Editorial

 

Le présent numéro de Forums Populaires présente une série de textes sur la politique d’apatridie du pouvoir de Boni Yayi-Koupaki ainsi que sur les surenchères démagogiques et anti-populaires de ses adversaires de la haute bourgeoisie. Ces textes qui ont été adoptés par la conférence des cadres du PCB en date du 27 septembre 2008 ont l’avantage de montrer visage hideux du pouvoir ainsi que celui des autres groupes de la haute bourgeoisie (G13, Force Clé G4) à travers leurs propres déclarations. Cette critique met d’autant plus en relief les 13 thèses de lois constitutionnelles proposées par la démocratie révolutionnaire comme la seule alternative salvatrice pour notre pays et émancipatrice pour nos peuples.

La Rédaction

 

 

 

Mettre fin à l’apatridie et à la piraterie au sommet de l’Etat avec le régime YAYI-KOUPAKI

 

Les Centrales syndicales ont rendu compte à leurs bases de leur rencontre du 17 septembre 2008 avec le Chef de l’Etat. Elle n’a rien donné, mais ce n’est pas de cela que nous voulons parler ici à nouveau. Ce qui retient notre attention aujourd’hui, c’est que Gaston AZOUA, appréciant les conditions difficiles de vie des travailleurs et des peuples du Bénin, a précisé que les taux d’inflation pour les mois de juillet et août 2008 au Bénin étaient de 10,9 % et 15 %. Puis en réponse à une question du Chef de l’Etat, il lui a été précisé que la source en était l’INSAE. Nous vous faisons économie de la colère de tsar de YAYI et de ses menaces relever immédiatement le cadre de l’INSAE qui aurait donné ces chiffres. Ce qui est intéressant, c’est qu’il contestait ces chiffres parce qu’il était d’accord, selon ses propres propos, avec la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International pour dire que le taux d’inflation au Bénin était de l’ordre de 2%. Notre propos ici n’est pas non plus la guerre des chiffres, nous laissons les travailleurs et les techniciens faire la polémique avec Boni YAYI, si tant est que ce dernier est capable de la faire.

 

Ce qui est remarquable, c’est que le Président de la république du Bénin conteste les statistiques de l’Institut National créé, commis, outillé et payé pour les faire et fait plutôt foi à des institutions étrangères connues pour être des instruments de la politique des puissances impérialistes, US en particulier, institutions dont on sait qu’elles passent maîtresses dans l’art de faire dire aux chiffres ce qu’elles veulent, voire l’art de trafiquer les chiffres et les faits tout court.

Tout autre Chef d’Etat aurait soutenu à bras-le-corps les statistiques de son Institut National contre celles des organismes étrangers mais chez nous, c’est le contraire. Et cela s’appelle un comportement apatride. Nous voyons d’ici des gens s’indigner et dire qu’il y a injure à Chef d’Etat. Mais ce qui est injurieux ce n’est pas de dire qu’un Chef d’Etat est apatride s’il l’est, mais d’être dirigé par un Chef d’Etat apatride. Regardez autour de vous et vous reconnaîtrez que le Président des Etats-Unis ou de la France ne se serait jamais ainsi comporté sans soulever un tollé de toutes les autres institutions et des citoyens !  Regardez en vous-mêmes et vous reconnaîtrez que ce qui vous indigne quant au fond, c’est moins ce qui est écrit ici que le fait que votre Chef d’Etat ait pu avoir un tel comportement, que ce qui vous fait honte c’est de devoir être dirigé par un Président apatride. Il fallait donc le dire afin que l’on sache qu’au Bénin, il existe encore des hommes, des patriotes !

 

Et de fait, les institutions de Bretton Woods, Banque Mondiale et FMI ont plastronné toute la semaine ; elles ont paradé à travers le pays pour distribuer les bons points à leurs agents et donner les instructions pour « plus de réformes structurelles ».  Et, obéissant comme « la Voix de son Maître », Iréné KOUPAKI est venu à la télé pour faire une explication de texte. Ecoutez le plutôt, intervenant dans une émission « spéciale »(sic) de DOSSIER A LA UNE du 19 septembre 2008 sur l’ORTB et presque intégralement repris dans le journal l’AURORE du mardi 23 septembre 2008.

 

L’émission avait pour thème « Réformes structurelles et émergence économique » et avait pour objectif d’exposer que « le gouvernement du Dr Yayi Boni a entrepris un certain nombre de mesures structurelles dans le but d’accélérer le désengagement de l’Etat du secteur productif et de favoriser l’entreprise privée. Et quand on se réfère à la version finale de la stratégie de la croissance pour la réduction de la pauvreté de mars 2007, il était prévu l’accélération des réformes structurelles dans divers secteurs notamment : l’agriculture, le port, l’Ocbn, le secteur financier et au niveau des principaux facteurs de production tels que l’énergie, les télécommunications, le ciment, etc. ».

« La pertinence des réformes aujourd’hui dans notre pays vient de ce que le chef de l’Etat veut relever le défi du développement et le défi de la compétitivité… La vision du Chef de l’Etat, c’est la vision de l’émergence…depuis quelques temps le chef de l’Etat nous a prescrit d’accélérer les réformes structurelles.. »

 

Ces citations qui ont introduit et encadré les propos du ministre montrent que ce qui sera exposé plus bas est bien la vision du gouvernement YAYI-KOUPAKI qui a bien un programme qu’il applique depuis 2006, celui dicté par le Capital financier international.

 

Il a tenu d’entrée de jeu à donner raison à la vice présidente de la Banque Mondiale qui a dit que « les réformes sont importantes et il faut les poursuivre ». Écoutons-le donc.

 

Les réformes structurelles, qu’est ce que c’est ?

 

« Il y a les réformes administratives et institutionnelles, il y a un ministre qui a en charge cette attribution, il y a les réformes de mentalité qui doivent partir de tous les foyers, des écoles ; il y a les réformes structurelles, c’est-à-dire ces réformes qui doivent transformer les structures de l’économie pour passer de l’état de pauvreté à un Etat émergent ou à un Etat de développement accéléré… Ces réformes touchent le ciment, la finance et la banque ; l’énergie électrique, le secteur agricole, les télécommunications, le port, l’Ocbn… Donc il y a une panoplie de réformes dont la mise en œuvre conduirait tout simplement à rendre disponibles les secteurs de production qui sont nécessaires à l’émergence économique (souligné par nous PCB) ».

 

Le mot est lâché. Il s’agit de rendre disponibles pour d’autres ces secteurs qui aujourd’hui appartiennent à l’Etat. Il faut les privatiser, pour être clair.

 

L’état des lieux, c'est-à-dire la situation actuelle des entreprises publiques selon le pouvoir YAYI-KOUPAKI

 

« L’état des lieux des entreprises publiques aujourd’hui, dans leur ensemble, ces entreprises ne se portent pas bien au plan administratif, au plan de la gouvernance d’entreprise, au plan de leur finance, de leur rentabilité, de leur contribution aux finances publiques… quelques entreprises contribuent quand même de façon positive. C’est le cas du port de Cotonou mais le port peut mieux faire ; la Sobemap qui peut aussi mieux faire. La plupart des autres entreprises sont déficitaires avec un endettement particulièrement élevé. Il est de l’intérêt de notre pays de s’attaquer aux problèmes fondamentaux de son économie à travers les réformes structurelles qui constituent un impératif de développement »

 

Il se déduit de l’exposé du ministre KOUPAKI le fil conducteur du raisonnement à la base de ces réformes structurelles : les entreprises publiques au Bénin sont endettées et peu performantes et il faut les privatiser ou les mettre en concession.

 

Les entreprises sont endettées, qu’à cela ne tienne ! On sait que les dettes résultent du pillage en règle exécuté par les hommes en mission à la tête de ces sociétés pour le compte des gouvernants. Finalement, il s’agit de vider les entreprises de leurs tripes et boyaux au profit des hauts-bourgeois puis de les recapitaliser aux frais du contribuable afin de les offrir requinquées et gratuitement au capital financier international. Et, dans le cas par exemple du Port Autonome de Cotonou, c’est « la Société Financière Internationale (SFI) qui a une bonne réputation (qui) sera choisie pour nous assister dans ce processus de lancement d’appel d’offres, d’assistance, de dépouillement, d’organisation de tout le processus qui va nous amener à la construction des deux quais ».

Il suffit pour nous de préciser que la SFI est une filiale de la Banque Mondiale et l’on voit bien d’où elle tient sa « bonne réputation » et comment tout le processus décrit par le ministre est biaisé dès le départ avec un gros risque de délit d’initié.

 

Parlant de la vente des parts de l’Etat dans Continental Bank, il fait l’historique de cette banque privée : Elle avait d’énormes problèmes qui ont obligé l’Etat à injecter des fonds importants et à prendre à son compte toutes les créances douteuses et depuis 2007 elle a commencé à réaliser des bénéfices. Alors l’Etat va vendre sa participation

 

C’est donc clair. On a utilisé l’argent du contribuable pour expurger toutes les pourritures de cette banque, pour payer les conséquences de la mauvaise gestion des dirigeants amis (qui ont pris des crédits et n’ont pas payé) et, dès que cette banque est définitivement entrée dans l’ère des profits, on la cède. Personne ne comprend cette logique où les pertes sont pour le peuple, les bénéfices pour les autres, le Capital financier international en l’occurrence. Parce que ce que veulent et font Boni YAYI, KOUPAKI et leur gouvernement, c’est céder les parts de l’Etat dans Continental Bank à un « opérateur stratégique », entendez une banque étrangère. Il ne s’agit même pas de demander à l’opérateur stratégique d’investir pour accéder à une augmentation de capital aux côtés de l’Etat et des autres privés nationaux qui, pendant près d’une décennie, ont porté cette banque à bout de bras pour qu’elle devienne ce qu’elle est aujourd’hui.

 

Parlons de la SBEE, secteur vital de l’énergie. Voilà une entreprise en situation de monopole qui ne consulte aucun consommateur avant d’augmenter ses tarifs et qui, aux dires du Ministre, a d’énormes dettes. Ce qu’il n’ajoute pas, le Ministre, c’est que ces dettes résultent des surfacturations continues, des prélèvements illicites opérés par les amis des gouvernants dont Boni YAYI, des achats de groupes et équipements usagés, des détournements crapuleux dont les auteurs, bien que poursuivis par la clameur publique, se pavanent au Parlement et ailleurs sous la protection bienveillante du Parti-Etat de YAYI-KOUPAKI. Les gouvernants et leurs amis dépouillent les entreprises publiques et le peuple trinque et paie.

 

Quant à la zone portuaire, inutile de défoncer une porte ouverte. KOUPAKI lui-même reconnaît que le Port Autonome de Cotonou et la SOBEMAP sont rentables et apportent des ressources à l’Etat ; et il ajoute (avec raison) qu’ils auraient pu apporter plus encore. Mais Monsieur le Ministre, ce n’est pas en partageant les produits de la zone portuaire avec vos amis (BOLORE et autres) qu’elle apportera plus ! Tout le monde sait que ces entreprises n’apportent pas plus à l’Etat et au peuple parce que l’essentiel de ce qu’elles produisent passe dans les poches des Ministres des Transports et de leur Président. Le dernier épisode en date a été le limogeage de M. DANDJINOU de la tête du Port Autonome de Cotonou parce que ce DG a osé dire que le Ministre ZINZINDOHOUE Armand l’empêchait de mettre en œuvre une bonne gestion de l’Unité de Production et qu’en fait, le gouvernement et les hommes du changement n’étaient pas ce qu’ils voulaient paraître. Et il a été limogé pour ça ! Des explications confuses du « pasteur » ZINZINDOHOUE, le commun des Béninois a compris que M. DANDJINOU, quoi qu’on pense de l’homme, était, pour le gouvernement du changement, l’empêcheur de bouffer tranquille.

 

Et BENIN TELECOMS ? Et la SONAPRA ? Cela fait maintenant plus d’une décennie que le peuple et les travailleurs de ces Unités de Production s’insurgent contre leur privatisation ; parce qu’ils savent qu’elles sont rentables, qu’elles sont porteuses de richesses pour la nation malgré le pillage systématique auquel elles sont soumises par la haute-bourgeoisie et que leur cession serait une pure braderie. KOUPAKI lui-même reconnaît que le coton rapporte au Bénin 70% de ses recettes d’exportation. Il en dit que c’est le pilier de notre économie. Il aurait pu ajouter qu’elle est la vache à lait de nos gouvernants et de leurs amis et que de nombreux scandales jalonnent son existence sans que les pilleurs n’en aient jamais été inquiétés. Chaque gouvernement qui arrive à la tête de notre pays s’empresse d’y nommer ses émissaires pour tondre le mouton Sonapra.

Les télécommunications sont connues comme l’un des secteurs les plus porteurs de toute économie aujourd’hui. C’est pour cela que le capital financier y investit massivement et incite rageusement les pays sous-développés à le lui céder. Un gouvernement responsable devrait le protéger des appétits voraces de l’étranger. Mais l’on sait que les gouvernements successifs de notre pays, les Ministres et DG de ce secteur se sont ingéniés au long des décennies à concéder aux grandes firmes internationales des contrats léonins contre des subsides grassement déposés sur leurs comptes personnels. Les télécoms traditionnels et les GSM sont au Bénin une série de scandales dont on ne finira pas de parler longtemps encore. Et les travailleurs disent que la mauvaise gestion y continue plus que jamais.

 

Dans ce long exposé du gouvernement une chose reste vraie, une seule et KOUPAKI l’a dit : les entreprises publiques se portent mal au plan de la gouvernance d’entreprise. Il y a au Bénin des entreprises publiques patrimoine du peuple que des gens gèrent comme leur patrimoine privé. Elles sont dirigées par des Conseils d’Administration dont les membres sont nommés en récompense des services rendus au Chef de l’Etat lorsqu’il était candidat ou lors de la constitution de sa majorité. Elles sont gérées par des DG dont la mission essentielle est de constituer le butin de guerre qui permettra d’assurer la fraude et la corruption lors des élections à venir et de garantir aux gouvernants des jours heureux. Cela ne peut conduire qu’à la faillite. Les entreprises sont mal gouvernées, certes, mais elles le sont par les hommes que YAYI et KOUPAKI ont ramené dans leurs valises et placé à la tête du PAC, de la SBEE, de la SONAPRA, de BENIN TELECOMS, etc. Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude !!!

 

Alors finalement, cette hargne à brader, cette frénésie à tout vendre, tout céder, ne serait-ce pas une autre tactique de la terre brûlée des temps modernes, une manière de couvrir ses arrières, de sorte que demain, aux peuples qui exigeront que les pilleurs de l’économie nationale, les vandales qui nous gouvernent aujourd’hui rendent des comptes, on puisse répondre, à ce peuple :

« Quoi ! Bénin Télécoms ? Connaît pas. Il s’agit d’une entreprise privée qui appartient à France Télécoms et il ne faut point perturber un opérateur économique honnête dans la jouissance de son bien… PAC ? Connaît pas. Ce sont les affaires privées d’un investisseur étranger, BOLORE ou BOUYGUES. Vous risquez un incident diplomatique ».

 

En somme, une tactique pour effacer les traces des prévarications tout en s’emplissant les poches. Voilà le banditisme au sommet de l’Etat, l’apatridie et la piraterie comme méthodes de gouvernement.

Il apparaît aujourd’hui encore plus clair qu’hier que les dirigeants de ce pays ont fait l’option de promouvoir la corruption, la piraterie et la braderie à la tête des entreprises et administrations de notre pays. La corruption est au sommet de l’Etat comme l’illustrent également la vaste tentative d’escroquerie des opérateurs économiques nationaux par la SOAGA dont le maître d’œuvre est Iréné KOUPAKI, les manipulations des fonds secrets ou encore la gestion privée et personnelle des recettes de l’escorte douanière par Boni YAYI.

La corruption, ce n’est donc pas dans les rues, à la porte des ministères ou chez les petites dactylographes ou colleurs de timbres vers lesquels on veut bien fixer nos regards. La corruption, c’est bien au sommet de l’Etat, le reste n’est que vétilles.

 

Il n’y a pas d’autre explication. Car, contre la mauvaise gestion , le Parti communiste du Bénin (PCB), synthétisant la volonté des travailleurs et des peuples dans treize (13) thèses formant un corpus constitutionnel avait déjà préconisé :

-                     la désignation des dirigeants d’entreprises par les travailleurs et leur révocabilité à tout instant, le châtiment des pilleurs pour combattre l’impunité et garantir une éthique dans la gestion de la chose publique et inciter à la probité et au patriotisme

-                     la publication de tous les accords internationaux ainsi que de tous les contrats de travaux et services au niveau de l’administration et des entreprises publiques.

Le peuple, armé de ces thèses, est en marche. Il met en place ses comités ici et là pour se prendre en charge et assumer la gestion du pays. Il ne lui reste qu’à faire preuve de courage et d’héroïsme pour réaliser ses objectifs et sauver le pays qu’en chassant ces vandales.

Cotonou, le 27 septembre 2008

Adopté par la Conférence des Cadres du PCB.

Lazare Sèhouéto et le partage du gâteau

 

 

Le samedi 20 septembre 2008, l’Alliance Nationale Force Clé a réuni son conseil national ordinaire. Dans le discours inaugural des travaux de ce conseil, Lazare Sèhouéto, Président de Force Clé a déclaré : « C’est le lieu de remercier particulièrement le PRD, le PSD, la RB, le MADEP, Force Espoir, l’UNDP,  l’UPR et l’ensemble des forces politiques qui aujourd’hui font un effort de rapprochement, non pas pour se mettre dans la logique de partage d’un gâteau qui n’existe pas, non pas pour se mettre dans la logique d’aider à enfoncer le pays dans le gouffre, mais qui se rapprochent et qui réfléchissent pour redonner espoir. » (Cf "Extrait du discours inaugural du Président de Force Clé, Lazare Sèhouéto", in "le Béninois Libéré" n° 659 du lundi 22 septembre 2008, page 7).

Ainsi, Lazare Sèhouéto affirme que le "gâteau" n’existe pas. Mais qu’est que c’est que le gâteau ? Les masses populaires dénoncent le fait que les biens publics sont considérés par les gouvernants hauts bourgeois comme un gâteau qu’ils se partagent. Elles caractérisent alors les luttes entre hauts bourgeois comme des combats ayant pour motivations le partage du gâteau. Le terme est bien précis et le gâteau, ici, représente tout le capital d’Etat dans l’administration, les entreprises publics, les relations extérieures, mis dans les mains du pouvoir d’Etat. Le gâteau existe bel et bien. Quiconque affirme le contraire, ou bien se trompe,  ou bien ment. Que dire alors de Lazare Sèhouéto ?

Plus loin dans le même discours, Lazare Sèhouéto dit : « j’assume qu’il y ait eu dans ce pays des dimensions dans la corruption, dans le pillage, dans les atteintes au patrimoine public qui sont inadmissibles ». Mais de quoi parle-t-il donc d’autre, ce Mr Séhouéto, sinon que de son aveu d’avoir participé au gouvernement d’improbité, de vol , de pillage de Mathieu Kérékou, d’avoir pris part au partage du gâteau. Ainsi Lazare Sèhouéto reconnaît avoir pillé le gâteau tout en niant en même temps son existence ! Il ment de façon grossière.

Aujourd’hui, les masses populaires reconnaissent que le pouvoir de Boni Yayi est corrompu, que la corruption est concentrée par Boni Yayi  et autour de lui. Le Chef de l’Etat gère le patrimoine public pour son seul compte, pour ses partisans du groupe FCBE et pour la publicité pour sa seule personne. Mais les masses populaires, qui ont vu au pouvoir les responsables du PRD, du PSD, de la RB, du MADEP, de Force Espoir, de l’UNDP,  de l’UPR, bref de tous ces partis de G4, G13 et Force Clé , savent que ceux-là également sont corrompus  et perçoivent que l’enjeu de leur opposition et combat contre Boni Yayi est le partage du gâteau.

Il est bien connu que les partis des hauts bourgeois ne survivent qu’avec les prébendes qu’assurent les présidents fondateurs à leurs membres sous formes de postes à la tête des administrations et sociétés d’Etat, de marchés publics et de facilités de fraudes fiscales et douanières etc. Privés de ses moyens et facilités, les partis de la haute bourgeoisie s’étiolent et meurent. Les chefs des partis alors courent pour obtenir des postes et positions qui leur permettent de miroiter ces avantages à leurs militants. Les Bruno Amoussou, Soglo, Zinsou, Sèhouéto ont semé cette morale nauséeuse qu’il ne faut militer que pour avoir accès à des postes où l’on peut piller. Et si un militant n’a pas de poste, alors son responsable est traité d’égoïste, d’ingrat, d’incapable et l’on conseille et presse le militant de quitter ce parti et d’aller chercher un autre patron. Il se crée ainsi des militants transhumants, en fait des hommes qui sont devenus des gueux politiques. Pour s’assurer les possibilités de pillage à la tête des administrations et sociétés d’Etat, les partis de la haute bourgeoisie combattent avec acharnement l’autonomie administrative locale, tout contrôle populaire de la gestion du bien public et par-dessus tout l’instruction des masses populaires.

La dénonciation de la motivation réelle de l’opposition et des combats des dirigeants de G4, G13 et Force Clé contre le parti-Etat FCBE comme lutte pour le partage du gâteau touche ces messieurs au point essentiel, sensible à savoir leur portefeuille. Et face à cette accusation populaire précise, Lazare Sèhouéto répond en mentant, en disant que le gâteau n’existe pas ! "Ajoto mon gbo do kézé…" dit le dicton populaire. Mais Sèhouéto fait pire que le voleur du dicton. Pendant que ce dernier déclare que le mouton le provoque, Sèhouéto, lui, sous les feux du public, nie tout simplement l’existence du mouton pensant ainsi mieux se camoufler. Mais Lazare Sèhouéto ne peut plus se camoufler, pas pour longtemps. On peut percevoir que ni lui ni son parti ne disent rien des propositions concrètes du PCB pour le combat populaire contre la corruption, le pillage et les atteintes au patrimoine public.

Ces propositions qui synthétisent les exigences des travailleurs et des peuples depuis 1989, enrichies par leurs expériences sous le Renouveau sont énoncées sous la forme de 13 thèses de lois constitutionnelles adoptées et publiées depuis septembre 2006 .(Cf la Flamme n° 293-294). Les organisations de la démocratie révolutionnaire soutiennent et illustrent dans leurs luttes quotidiennes ces thèses qui rejètent le fascisme, exigent l’autonomie administrative locale jusqu’au niveau du village et du quartier de ville, la publication à l’attention du peuple des accords d’Etat à Etat et de tous les contrats des travaux de marchés publics, le droit d’élire et de destituer leurs directeurs généraux et techniques garanti aux travailleurs des entreprises et service publics. Que ce soit là, les règles de base de la bonne gouvernance, de la transparence et de la restauration de la démocratie chez nous au Bénin, il n’y a point l’ombre d’un doute. Et quiconque lutte pour le pouvoir et rejette ces règles de bases ou évite d’en parler cache mal son intention de participer au partage du gâteau.

 

Cotonou le 27 septembre 2008

Adopté par la Conférence des Cadres du PCB.

 

Ce que représente le G13 et comment il oeuvre

contre l’émancipation du peuple

 

Le vendredi 19 septembre 2008 s’est constitué un groupe parlementaire de 13 députés dits G13. Que déclarent-ils, qui sont-ils ? Quel programme portent-ils et comment se situent-ils dans cette bataille entre les deux camps – celui des ennemis des peuples dirigé par YAYI-KOUPAKI, et celui incarné par le Parti Communiste et la Démocratie Révolutionnaire – et dont l’enjeu est l’émancipation populaire ? C’est ce que nous allons essayer de présenter à travers ce papier.

 

1-Ce que déclarent les députés du G13.

Dans leur Déclaration en tant que groupe parlementaire le 19 septembre, on lit : « Fidèles à l’esprit et à la lettre de notre constitution du 11 décembre 1990, et forts de leurs convictions, les députés soussignés se constituent  par la présente déclaration en un groupe parlementaire dénommé G13…Le G13 réaffirme son appartenance à la mouvance présidentielle … » (Souligné par nous PCB- voir Quotidien Fraternité N°2182 du 22 septembre 2008). Cette Déclaration  a été appuyée par celle de Nassirou A.BAKO, Coordonnateur du G13 en ces termes : « Le G13  est un groupe de la majorité parlementaire  et de la mouvance présidentielle. Le G13 se veut un groupe critique, un groupe de contribution à l’animation des débats politiques sur des questions nationales bien qu’étant au sein de la majorité. Cela est fondamental. Le G13 et ça vous l’avez remarqué, a donné le signal de la décrispation, de l’ouverture politique et c’est un message pour l’ensemble de la clase politique nationale » (voir Quotidien Fraternité N°2182 du 22 septembre 2008). Ces propos ont de quoi surprendre !  Surtout lorsqu’on sait que la constitution de ce groupe a occasionné  la disparition de groupes pro-Cauris divers tels « Bénin Emergent/Paix et Démocratie », « Bénin Emergent/Solidarité et Progrès », « Bénin Emergent/Gouvernance Concertée ». Ces professions de foi à la majorité présidentielle autour de YAYI Boni  surprennent lors qu’on a vu toutes les empoignades auxquelles ont donné lieu les rapports des membres de ce groupe avec les ténors FCBE et même son Chef YAYI Boni depuis notamment un an environ. Tentative d’arrestation d’Antoine DAYORI sur ordre du ministre de la Justice de YAYI Boni, empoignade entre DEBOURO Djibril, un ponte FCBE  et FIKARA Sacca et tentative de levée de l’immunité parlementaire de ce  dernier,  protestation contre la violence ouverte des éléments du Président de la République  contre des membres du G13 dans leurs localités, boycott de plénières de l’Assemblée Nationale par des députés G13 ensemble avec ceux du G4 et Force Clé etc.  Des déclarations enflammées sont signées il n’y a pas si longtemps par ces députés ensemble avec le G4 et Force-Clé  à l’encontre du pouvoir de YAYI Boni. Nous pouvons citer : « Chacun de nous sait désormais, qu’au nombre des armes favorites du pouvoir FCBE, il y a sinon le mensonge d’Etat, la diffusion des rumeurs, la désinformation et les abus divers qui font de moins en moins honneur à notre pays. Chacun de nous sait aussi que l’Etat FCBE peut violer les lois, s’il veut et peut les respecter  à sa guise, comme si nous étions dans une banale République où la volonté du Prince se substitue à la loi et à la légitimité populaire… Le G4, le G13 et Force Clé  expriment publiquement leur désapprobation de la politique du double langage et de fuite en avant que pratiquent constamment l’Etat FCBE et son Chef » (Confère Quotidien Fraternité N° 2123 du vendredi 27 Juin 2008). Avec des prises de positions politiques du genre que des canards de la place et même des éléments du peuple n’ont pas hésité à qualifier de « courageuses », peut-on comprendre que ceux-là lancent encore à cor et à cri  qu’ils appartiennent à la majorité présidentielle, c’est-à-dire qu’ils approuvent « la politique du double langage et de fuite en avant que pratiquent constamment l’Etat FCBE et son Chef » ?  Cet étonnement est exprimé dans le quotidien « La Presse du Jour » en ces termes : « Le G13 : mouvancier à tout prix !…Le G13 est un groupe politique dont la caractéristique essentielle est l’inconséquence et la promotion de l’absurdité comme fondement de l’action publique… Dans la Déclaration de constitution lue par un certain Edmond AGOUA, le groupe réaffirme son appartenance à la mouvance présidentielle. La veille, son Président Issa Salifou tire à boulets rouges sur le régime » (La Presse du Jour N° 0746 du 24 Septembre 2008).

Alors qui sont en réalité ces députés dits du groupe 13 doit-on s’interroger ?

 

2- Qui sont les éléments du G13 ?

Le groupe dit G13 se compose des députés élus aux élections de mars 2007 sur la liste de partis divers. Ce sont :

UPR    (Guené SE OROU, Rachidi GBADAMASSI, Salifou ISSA, Nassirou BAKO  ARIFARI) ; CBE  (Venance GNIGLA,  Bio Bagou OROU YAROU) ; UNDP (AHOSSI B. Léon, Joachim DAHISSIHO) ; FE  (Antoine DAYORI, Nda Antoine NDA) ;AR (Sacca FIKARA, Cyriaque DOMINGO) ; PDPS (Edmond AGOUA).  A la veille de la formation du Groupe, Bio Bagou OROU YAROU a fait défection des siens, mais a été remplacé aussitôt par Valentin Aditi HOUDE

Ces gens ci-dessus cités sont bien connus sur l’échiquier administratif, économique et politique de notre pays. C’est un groupe hétéroclite mais uni par des éléments communs : ce sont soit des hommes d’affaires mafieux (tels ISSA Salifou, AGOUA, GBADAMASSI et autres DOMINGO, DAHISSIHO, etc…) qui se sont enrichis au détriment du peuple en usant des passe-droit, des pratiques frauduleuses et avantages illégaux procurés par le régime de KEREKOU II et KEREKOU III ; soit des gens qui ont fait fortune par pillage de ressources de l’Etat et destruction des entreprises publiques à des postes politiques et administratifs (tel AHOSSI Comlan Léon (douane), Sacca FIKARA (ex-DG SONACOP) Antoine DAYORI, (ex-DG SONAPRA, Valentin HOUDE (ancien ministre de KEREKOU II et III).  Ce sont  donc pour l’essentiel des hommes sortis du sérail de KEREKOU, et qui se sont illustrés dans de hauts faits  de criminalité économique et de haute corruption et  dont certains ne sont que des repris de justice ou des prisonniers en sursis.  La plupart n’ont dû leur élection comme députés qu’à l’étalage des sous volés et  la corruption souillante.

Le groupe des treize députés actuellement constitués en G13 est déjà signataire de l’Accord de Législature (ADL) signé avec les 35 députés FCBE le 26 avril 2007 et qui a permis l’élection du bureau actuel de l’Assemblée et notamment de son Président NAGO  Mathurin.

Cet accord dit : « Nous, députés signataires du présent accord sommes les représentants de la Nation appartenant à différents partis politiques ayant contribué à la victoire du Président de la République aux Présidentielles de 2006 et qui avons volontairement convenu de regrouper nos forces et nos actions politiques par un accord de Législature en vue de soutenir la vision et le programme du Président de République » L’article 2 de cet accord stipule : « La majorité parlementaire est constituée de tous les députés, quelque soit leur tendance, parti ou alliance, engagés aux côtés du Chef de l’Etat dans la réalisation de son programme de gouvernement et ayant signé avec la Haute Autorité, le présent accord de législature » (voir Quotidien Le Béninois Libéré N°312 du 27 avril 2007)

Ce sont donc des députés qui dès le départ appartiennent à la majorité parlementaire présidentielle.

Des gens  dont l’activité quotidienne est « la politique du double langage et de fuite en avant » et qui sont prêts à tous marchandages, à se vendre à toute puissance impérialiste  pour arracher des marchés douteux ou mettre la main sur des entreprises publiques du pays peuvent-ils avoir un programme différent de celui de YAYI Boni ?  

D’où proviennent les récriminations ci-dessus signalées et autres actions de ‘’démarcation’’ de ces députés au sein de la majorité présidentielle ? Le mémorandum du 08 janvier 2008 nous situe sur les causes de cette situation. Nous lisons : « Au lendemain de l’élection législative de mars 2007, les députés des formations politiques ci-dessus citées sollicités pour faire partie de la majorité parlementaire présidentielle, avaient signé un Accord de Législature comme expression de leur adhésion à l’action du Président Boni YAYI… Mais sitôt le bureau de l’Assemblée nationale et ceux des commissions parlementaires permanentes élus… aucune des formations politiques  auxquelles appartiennent les 13 députés n’a été consultée pour la formation du Gouvernement post-législative   de même que pour les deux remaniements techniques qui ont suivi au cours de la même année 2007 ». (Le Mémorandum du Groupe des Treize Députés en date du 08 janvier 2008, voir Le Béninois Libéré N° 488 du mercredi 16 janvier 2008)

 

3- Le partage du gâteau , enjeu des « critiques » du G13 au gouvernement de YAYI-KOUPAKI

Outre  de ne les avoir pas associés à la formation des différentes équipes gouvernementales, les 13 députés reprochent  à YAYI  Boni de les avoir  écartés dans la mise en place de la Cour Constitutionnelle, dans le plan de campagne pour les élections communales et locales, etc.

Il apparaît  clairement que ce qui est à la base de cette position « critique » sic  des 13 députés c’est la question du partage du gâteau.  YAYI Boni semble les avoir floués et s’approprie seul (pour sa propagande personnelle) et au profit de son  Groupe FCBE tous les avantages tant politiques que matériels. Il en est ainsi des marchés qui ne sont accordés  en général qu’à des proches de YAYI Boni. Ah ! Les marchés ! Les hommes d’affaires que sont la plupart de ces députés du G13 peuvent-ils être insensibles  à cette question ?  Les pratiques fascisantes de YAYI Boni lors des  élections communales et locales  ont renforcé cette tendance.

  Mais cela pouvait-il les  conduire à la rupture de leur Accord de Législature avec YAYI Boni et son groupe de FCBE ?   Les intérêts de ce groupe étant les mêmes que ceux du pouvoir YAYI -KOUPAKI, à savoir leur soumission totale aux dictats des puissances financières internationales pour le pillage du patrimoine national, la corruption et les accords secrets sur le dos du peuple, peut-on s’attendre à autre chose ?  Ne dit-on pas souvent que l’arbre tombe du côté où il se penche ?

Parcourons un peu quelques autres éléments de la Déclaration de constitution  du G13 : « Plus que jamais attachés aux valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité et de respect de l’Etat de droit et de la nature laïque de notre Etat,  nous abordons ce tournant …avec la ferme volonté d’agir au plus près des préoccupations quotidiennes de nos électeurs et plus généralement  de tous les citoyens béninois (Souligné par nous PCB) que nous avons l’honneur mais aussi la responsabilité de représenter ». Quelles sont ces « préoccupations  quotidiennes des électeurs ? »  autres que  la misère totale et la faim qui tenaillent la grande majorité de notre peuple. Quelles sont ces « préoccupations  quotidiennes» en dehors  de la revendication pressante des travailleurs et des peuples à savoir la suppression immédiate des Nouveaux Programmes d’Etudes  et l’instruction de nos peuples dans leurs langues maternelles et pour la réalisation de laquelle, depuis quelques semaines, les masses de travailleurs et de jeunes sous la direction de la CSTB  marchent sous la pluie et le soleil, contre les ministères en charge de l’enseignement au Bénin ?

Messieurs les députés du G13 tout comme leur patron et allié YAYI Boni n’en parlent guère. Or à propos de ces questions le Parti Communiste du Bénin et l’ensemble des Organisations de la  démocratie révolutionnaire  ont adopté des positions très claires synthétisés en 13 thèses  sous forme de « Dossier » déposé au chef de l’Etat  et au parlement depuis septembre 2006.  Quelques points saillants de ce Dossier qui règlent les « préoccupations quotidiennes » des  masses populaires  sont :  l’instruction dans les langues maternelles, la préservation du patrimoine national contre tous les rapaces nationaux comme internationaux, le châtiment des criminels politiques et économiques ; l’élection et la révocabilité de tous les directeurs techniques par les travailleurs etc  Ces députés qui représentent les intérêts impérialistes et cette couche de gens dont  les richesses proviennent des vols et pillages des biens du peuple et qui ont peur qu’un jour celui-ci ne leur demande des comptes pour les faire rendre gorge, ne peuvent pas traiter de ces préoccupations pressantes populaires.

Alors ils se taisent. Ou au contraire ils s’expriment à haute voix et de manière tonitruante à travers leur organe de presse tel la télévision Canal 3  que l’on sait appartenir à Salifou ISSA. Les petits journalistes payés à un sou par la mafia  s’érigent tous les jours en pourfendeurs du mouvement populaire contre les NPE et l’instruction dans les langues nationales  qu’ils tournent en dérision et des acteurs principaux de ces combats, AZOUA et IKO sont traités de tous les noms.  Peut-on être plus clairs dans les prises de positions anti-peuple ? Eh oui ! La morale incarnée par les marcheurs contre les Nouveaux Programmes d’Etudes et les AZOUA, IKO est trop dangereuse pour nos députés dont certains appartiennent à la pègre. Cela se comprend alors qu’ils la combattent.

Le mouvement populaire se fraie son chemin vers la révolution. Il se chargera  de balayer des éléments comme ceux regroupés  au sein du G13 radicalement  tournés contre l’émancipation des travailleurs et des peuples du Bénin au même titre que leurs patrons et mentors  YAYI Boni, KOUPAKI et autres.

 

 

Cotonou le 27 Septembre 2008

Adopté par la Conférence des Cadres du PCB.

Transmis par laflamme le 15 October 2008 à 04:00:14 (12160 lectures)
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LE BILAN DES NPE
Politique COMITE DE COMBAT DE LA CSTB ET ALLIES (CCCA)

Tél : 90 94 83 93 / 97 76 18 29

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BILAN DES NOUVEAUX PROGRAMMES D’ENSEIGNEMENTS

MENSONGES ET REALITES

 

Les parents d’élèves, les enseignants ont fait depuis longtemps le bilan des Nouveaux Programmes d’Enseignements (NPE) : le niveau de leurs enfants a baissé ; les élèves eux-mêmes en conviennent ; ils ne savent pas lire ; ils sont incapables de faire une phrase correcte en la langue d’enseignement à eux imposée, la langue française à travers laquelle leurs compétences doivent être décelées et promues. Pis, ces enfants béninois sont supposés, selon les gouvernants et les responsables de l’enseignement et au nom de la Constitution béninoise, être compétents dès le départ dans cette langue déclarée officielle. On fabrique ainsi avec les NPE des analphabètes à foison.

Les parents d’élèves l’ont dit : il faut arrêter le massacre. Les enseignants qui ont à cœur leur rôle de pédagogues et d’éducateurs l’ont crié : il faut supprimer les NPE. Les démocrates et patriotes, toutes couches sociales confondues le disent : il faut arrêter l’assassinat de l’esprit de nos enfants et démarrer l’instruction en les langues nationales. C’est la seule manière d’appliquer l’approche par compétence, car la langue maternelle est celle dans laquelle l’enfant est compétent dès le départ et par laquelle ces autres compétences peuvent le mieux s’exprimer ! Tout cela l’UNESCO l’a dit et le Bénin a ratifié.

Et pourtant, Boni Yayi fait la sourde oreille. Son ministre de l’enseignement maternel et primaire, Mme Christine Ouinsavi, accomplit la sale besogne de continuer de tuer l’école et les apprenants dès la base. Et pour tenter de couvrir le crime, on n’hésite pas à falsifier les résultats des examens comme cela a été encore le cas cette année afin de donner une bonne image des NPE.

Mais la réalité est là têtue. Les financeurs impérialistes demandent des comptes et veulent avoir la réalité des faits, car eux autres ne sont pas confrontés directement aux intérêts de notre peuple. C’est ainsi que le Rapport d’Etat du Système Educatif National (RESEN) édition 2008 "élaboré entre février 2007 et mars 2008 par une équipe nationale multi-ministérielle avec l’appui de la Banque Mondiale et de l’UNESCO-BREDA (Pôle de Dakar)" est obligé de laisser filtrer une part de la réalité du bilan du système éducatif béninois. On peut lire dans le Résumé Exécutif de ce RESEN 2008 que  « seuls 66 enfants sur 100 (débutant au CI) atteignent le CM2 du fait d’un nombre encore élevé d’abandons » (page5) que « l’éducation au Bénin souffre d’un problème criant de qualité des enseignements » (page 7). Et pour illustrer ce dernier aspect, le document poursuit : « le niveau des acquisitions scolaires est faible au Bénin (souligné dans le texte). Les évaluations menées récemment concordent et révèlent que le niveau scolaire moyen des élèves béninois est largement en dessous des attentes. Par exemple 30% des élèves qui finissent le CM2 ne savent pas lire. Comparativement aux autres pays ayant testé leurs élèves en utilisant les mêmes épreuves standardisées, le Bénin se situe parmi les plus faibles. (cf tableau 3) » (page7)

Et le tableau 3 du texte montre que sur neuf pays d’Afrique noire classés par ordre décroissant, le Bénin vient en septième position derrière le Cameroun, la Côte-d’Ivoire, le Burkina Faso, Madagascar, le Sénégal, le Tchad et seulement (peut-on dire) après la République Centrafricaine et la Mauritanie. Voilà les performances de Boni Yayi et des ministres Ouinsavi, Agbossou et autre Bocco !

Evidemment, RESEN ne s’attaque pas aux programmes eux-mêmes et pour cause. Les puissances financières en ont probablement pour leur compte dans l’abêtissement de nos peuples et surtout de notre jeunesse. Mais la volonté d’émancipation de notre peuple s’avère tenace et coriace et mettra en échec tous les complots anti-populaires. Quant aux opportunistes et les zélateurs nationaux qui répètent à tue tête que les programmes ne sont pas en cause dans cette arriération du pays et que l’augmentation des moyens devraient permettre l’amélioration des performances, ils devraient mieux réfléchir avant tard. Car des milliards sont déversés pour soi-disant l’augmentation des moyens et pourtant on en est là. Ensuite, il n’est pas prouvé que le Bénin mette moins de moyens que le Burkina Faso, voire le Sénégal. Et dans ce dernier pays, les enseignants se battent pour leurs conditions de vie et de travail avec des manifestations fréquentes de grèves. Que faut-il alors interroger ? Les programmes, seulement les programmes et chez nous les NPE.

Les ravages de ces programmes frappent évidemment beaucoup plus les pauvres. RESEN 2008 observe que « les enfants issus des ménages les plus pauvres ont deux fois moins de chances d’achever le cycle primaire que les enfants issus des ménages plus aisés… Au premier cycle du secondaire général, les enfants les plus pauvres ont quatre fois moins de chances d’être scolarisés que leurs camarades plus aisés. Ils n’ont presqu’aucune chance d’atteindre le second cycle » (pages 8 et 9). Une enquête auprès des ménages ne révèlerait-elle pas que les ménages aisés comptent beaucoup de locuteurs instruits en langue française ?

Ainsi donc, ce sont les classes et couches populaires qui sont les plus grandes victimes des crimes commis par Boni Yayi et ses ministres contre l’instruction des fils du peuple.

 

A BAS LES NPE ! SANS SUPPRESSION DES NPE, PAS DE RENTREE 2008-2009 !

VIVE L’EMANCIPATION POPULAIRE !

                                                                  Cotonou, le 10 septembre 2008

                                                                           Le CCCA


Transmis par laflamme le 13 September 2008 à 00:31:35 (852 lectures)
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FORMATIONS ECONOMIQUES ET SOCIALES
Politique


Formations économiques et sociales au Bénin

 

- I -

 

Nous partons de la définition d’une nation comme étant « une communauté de personnes stable, historiquement constituée, née sur la base d’une communauté de langue, de territoire, de vie économique et de formation psychique qui se traduit dans une communauté de culture ». Cette définition due à Staline, quoiqu’on puisse penser du personnage, rend mieux compte du phénomène que toute autre définition que nous avons pu rencontrer dans la littérature sociologique et explique mieux encore les phénomènes contemporains entre nationalités même dans les vieux pays capitalistes développés comme la France, la Grande Bretagne, la Belgique, la Suisse, etc. Elle nous permet, en nous interrogeant sur l’histoire des formations sociales dans notre pays de nous rendre mieux compte des mouvements en cours, des projets empiriques progressifs ou régressifs.

Si, comme l’indique Staline, les nations ont été constituées à l’époque du capitalisme ascendant, c’est que les nations ont une histoire et un avenir. Il a pu exister des Etats nation ; mais, c’est un phénomène rare car ce qui est plus courant, les Etats sont multinationaux au sens de la définition de Staline et cela explique les guerres entre nations ou au sein d’un même Etat, guerres qui ont cours aujourd’hui même. L’appellation d’un Etat par le nom nation nous semble alors non justifié et peut ne correspondre qu’à la volonté arbitraire et souvent belliqueuse de chefs politiques de bâtir une nation à partir d’un agrégat de peuples hétéroclites aux parlers divers. Il importe alors d’examiner l’histoire des peuples ainsi que les processus de leurs unions plus ou moins solides de sorte à se faire une idée plus claire sur les mouvements aujourd’hui en cours dans notre pays.

Au cours de ces trente dernières années, la recherche sur la naissance et le développement de l’homme ainsi que de ses cultures n’ont pas cessé de faire d’importants progrès de sorte que nos connaissances de ces dix dernières années dépassent en quantité et en qualité celles des dix années antérieures à celles-ci et ainsi de suite. Cette évolution est telle que des controverses se sont installées sur les concepts de préhistoire, d’histoire, d’historicité, du primitif, du moderne, etc. Il est toutefois établi que le genre Homo est en une seule espèce depuis qu’il est né il y a environ une centaine de milliers d’années. Ses variétés en termes de races, de groupes sanguins et plus généralement de génomes sont des différences secondaires face à cette unicité selon les résultats de la science de sorte que ce que l’on peut appeler compétences d’un individu (adulte ou enfant) ne résident pas dans ces différences. On devrait voir les compétences dans les acquis culturels de sorte que malgré les infirmités, les différences entre compétences devraient être considérées comme de peu d’importance face à l’acquisition des savoirs nouveaux étant entendu la diversité des hommes dans leur vie en société et dans l’entraide pour la survie de l’espèce.

Depuis l’avènement de l’économie marchande puis du capitalisme, la sphère marchandise n’a pas cessé de s’élargir et aujourd’hui, elle s’étend aux variétés de l’espèce humaine dans ce qu’on peut appeler leurs "différences". Ainsi, s’est-il introduit artificiellement et en fonction de phénomènes socioculturels des repères de fausse normalité et d’évaluation de compétences avec des gradimètres qui semblent oublier complètement le caractère social de l’homme. L’éthique initialement née et conçue pour permettre une meilleure cohésion des groupes sociaux toujours dans l’unicité du genre en une seule espèce et l’adaptabilité des individus aux différents groupes se posent en termes nouveaux au point où le principe éthique d’humanité doit se redéfinir, doit s’affiner pour faire de l’homme contemporain un être cultivé et à morale "élevée" dans cette humanité-là qui utilise et transforme l’univers en l’abimant le moins possible de sorte à se donner une espérance de vie dans un rapport le plus élevé possible à celle objective et encore inconnue de cet univers où nous vivons.

Selon le Larousse, la préhistoire est la "période chronologique de la vie de l’humanité depuis l’apparition de l’homme jusqu’à celle de l’écriture".  Autrement dit, l’histoire commencerait avec l’apparition de l’écriture. Il en résulterait selon certains penseurs historiens et philosophes que des peuples seraient dépourvus d’histoire n’ayant pas connu d’écriture jusqu’à nos jours. Mais, rien n’est moins sûr car il faut avoir fait des recherches suffisantes pour procéder à une telle affirmation. Nous renvoyons ici aux polémiques d’historiens et de linguistes africains tels Théophile Obenga, Cheik Anta Diop, etc. L’apparition de l’écriture chez un peuple donné n’a plus la même signification aujourd’hui qu’aux temps anciens. Les progrès de l’humanité sont tels que l’écriture ne doit plus être considérée comme un phénomène à lier nécessairement dans sa morphologie à la culture d’un peuple qui en adopte. On ne peut faire cette liaison aujourd’hui qu’à deux conditions : la première est que l’alphabet en question soit une invention de ce peuple ou celle d’un peuple voisin de culture tout aussi voisine ; la seconde est qu’un nombre suffisamment important d’éléments de ce peuple soient déjà lettrés en cet élément interne de culture pour qu’avec leur pédagogie infuse et la pédagogie universelle acquise par apprentissage, ils puissent à leur tour instruire et alphabétiser la majorité de leurs compatriotes.

Le Japon a pu adopter les idéogrammes chinois au prix de grandes difficultés pratiques et culturelles. On sait aujourd’hui que et Japonais et Chinois s’essayent à transcrire leurs langues respectives dans l’alphabet latin et dans le respect de la phonétique internationale à considérer comme une science semi-artificielle et universelle. Toutes ces considérations nous permettent d’affirmer qu’une polémique est nécessaire quant à la division de l’histoire humaine en périodes culturelles. Notre conviction est renforcée par ce fait bien attesté que l’âge de la pierre polie et microlithique semble bien connu et les matériaux répandus quasi uniformément à l’ensemble des peuples en un court laps de temps quoique de nombreux groupes d’hommes semblent être restés à ce stade pendant très longtemps, on dirait même jusqu’à l’époque actuelle comme chez les Papous. On peut dire que Homo sapiens sapiens est à ce niveau surtout que chaque individu peut se transplanter d’une région à une autre en épousant complètement la nouvelle culture malgré la diversité de celle-ci. On peut alors avec la communication déjà établie partout avec les langages naturels et la possibilité de leur inter pénétration admettre que les faits des sciences historiques peuvent se développer partout  et se transmettre  avec des déformations inévitables qui dépendent de la non uniformité de l’éthique.

Une lecture du principe d’humanité de Jean-Claude Guillebaud permet d’affirmer que cette uniformité est loin d’être atteinte y compris au sein d’un même peuple. Lorsqu’on prend en considération le capitalisme aujourd’hui, "Manuel de programmation en recherche opérationnelle" ainsi que les critiques de ce dernier tant par nous que par Noemi Klein, force est de constater que l’homme pour certains hommes est moins qu’un animal, une bête de somme, une matière première dont on peut se servir à volonté et sur lequel on peut expérimenter sans aucun souci moral avec la théorie des chocs et que savons-nous d’autres ! Il faut donc un choix en matière de pratique, un choix depuis l’universalisation de la communication des progrès humains, matériels et intellectuels pour coller réellement avec l’éthique progressive qui peut, il faut à la fois en convenir, le souhaiter et le pratiquer, triompher sur toute la planète terre. On en est arrivé aujourd’hui à cette nécessité que tous les peuples doivent, s’ils n’y sont pas encore parvenus, procéder à l’instruction étendue à tous leurs membres en utilisant les méthodes les plus efficaces, les plus rationnelles, les moins coûteuses et qui tiennent compte de tous les progrès déjà réalisés. On comprend alors que nous n’hésitons pas en politique, à enseigner à tous les peuples de notre pays d’œuvrer à leur propre émancipation, de coopérer avec les peuples voisins pour étudier et enrichir les méthodes d’instruction et de cognition dans des recherches les plus pointues et cela, dans le respect de tout ce qui est humain !

- II -

 

Peut-être, faudra-t-il considérer que l’histoire commence à partir de l’expansion du néolithique à toute la Terre. Il ne s’agit pas d’en faire une datation contrée par contrée. Il suffit de comprendre que tous les peuples y sont passés à un moment ou à un autre et si l’on doit considérer dans une région déterminée qu’il n’est intervenu que tardivement, peut-être n’est-ce que le fait d’une migration d’hommes qui en ont connu la pratique plus tôt ailleurs ? On ne peut comptabiliser toute cette époque dans l’ère préhistorique puisque biologiquement, nous avons affaire à la même espèce animale sociale et que depuis cette époque, on savait pratiquement fabriquer tout ce que l’espèce humaine peut encore aujourd’hui fabriquer de ses mains. Ce qui a commencé à changer, c’est son organisation qui nous permet de dire qu’il n’y avait alors plus rien de primitif. La pratique du bronze puis celle du fer ont suivi presque aussitôt et devraient se répandre par des circuits déjà établis.

Quels étaient les rapports entre les hommes ? De cette société où les hordes humaines pillaient encore les ressources cumulées des voisins plus ou moins lointains, il fallait établir les rapports entre les individus, les rapports des individus à la terre ou les rapports entre les groupes formés d’individus attachés à des terres.

Avec l’aliénation possible des individus, nous avions la naissance de l’esclavage. Avec l’aliénation des groupes d’hommes fixés sur des terres, nous avions l’établissement des rapports féodaux. A ces deux rapports, il fallait ajouter les rapports mixtes qui conjuguaient ces deux formes de rapports. Et cela ne se pouvait sans le développement de mythes, d’une cosmogonie qui s’étend à de vastes contrées aux langages voisins dans les groupes ethniques etc. les hommes commençaient à dépendre à la fois des dieux et des hommes et se devaient d’organiser des systèmes de défense et de production naturelle, pour survivre, se reproduire dans l’économie de l’espace et du temps.

- III -

 

Ainsi se sont constituées successivement à partir de ce niveau et marquant selon nous la fin de l’époque primitive l’organisation tribale matriarcale puis devenue patriarcale avec les révolutions agraires. Puis c’est le tour de l’organisation ethnique de groupes, de tribus constitués de fédérations d’organisations tribales avec leurs dialectes intégrés aux langues ethniques. Ces organisations ont connu des structures plus ou moins évoluées avec à leur tête un chef appelé à partir de la révolution agraire chef de terre ou roi. Les chefs de terre ont gardé ce nom jusqu’aux confédérations tribales. Chefs de terre et chefs de confédérations tribales sont aujourd’hui désignés du nom de roi qui correspondrait au kœnig des Allemands ou aux rois du moyen-âge européen ou de l’antiquité méditerranéenne.

Les attaques de tribus par des rois ont commencé à prendre une importance sérieuse avec les différences de niveau en matière de production agricoles des confédérations tribales. Les hommes, les femmes et les terres ont commencé à être considérés comme des biens produits dont on peut s’accaparer au moyen de la guerre. L’aliénation des personnes physiques avec ou sans leurs propriétés terriennes était devenue le mode de formation et de différentiation des classes et les Etats ont commencé à se former dans notre pays sous les formes féodales ou esclavagistes ou mixtes. Il en est résulté des formations économiques et sociales à la tête desquelles régnaient des souverains toujours appelés chefs de terre pour les uns ou rois (gan en fon ou kia en boo) pour d’autres.

De manière particulière, des princes de confédérations tribales qui n’ont pu accéder à un trône partent souvent en aventure à la recherche de territoire à gouverner. C’est ce qui s’est produit à la suite de formation de Cités-Etats féodalo-esclavagistes matrilinéaires ou patrilinéaires qui ont dû exploser avec la révolution agraire à la faveur de conflits au sein des familles régnantes ou de manifestation de cupidité chez le despote régnant.

- IV -

 

Au Bénin, on peut distinguer :

1.    Les contrées avec des chefs de terre. Il s’agit des couches les plus arriérées du pays qu’on rencontre aujourd’hui encore en milieu Adja-Fon dans l’Atlantique avec les Ayizo et les Kotafon ; dans l’Atacora avec les Yom, les Otamarba, les Yendé, les Waba, etc. ; en milieu nago dans le plateau et le nord du Zou.

2.    Les Confédérations tribales originaires :

a.    d’une part de Tado qui a été constituée sur le site de Notsé ;

b.    d’autres, également de Tado, qui étaient Danzoumè sur l’actuel site d’Abomè, Davié en région d’Allada ;

c.     et par ailleurs de Boussa au Nigéria dont a dérivé Nikki dans le Borgou avec des princes Boo dits Wassangari.

3.    Si, à l’éclatement de Notsé avec la révolution agraire une multitude de tribus s’est formée aux parlers dialectaux divers, formant dans leur ensemble l’Ewé, avec les autres confédérations tribales des chefs de guerre sont allés en aventure pour former des royaumes esclavagistes ou féodaux ou mixtes. A partir de Tado, c’était la formation des royaumes d’Allada, de Porto-Novo, de Wawé-Abomey après la destruction de la  confédération de Danzoumè. Venant d’Ifè des princes Yoruba ou nago ont fondé à notre connaissance le royaume de Kétou et d’autres royames d’allure tribale comme Popo, Savè, Bantè, Manigri, etc. Les confédérations tribales se présentaient comme des Etats-Cités entourés de remparts en murs de terre battue, parfois dédoublés de canaux, avec des créneaux gardés par des phratries guerrières : Tado, Davié, Notsé, Danzoumè, Kétou, etc. A l’exception de Tado et de Notsé, les autres Cités au sud du bénin étaient de caractéristiques esclavagistes.

4.    La gens Agassouvi de Tado maternellement liée à la couronne, n’ayant pu accéder au trône (le passage au patriarcat étant depuis fort longtemps consommé) est allée en aventure pour fonder les trois royaumes d’Allada (Davié), de Hogbonou ou Porto-Novo puis de Wawé-Abomey sur le site de Danzoumè par elle détruit par la ruse et le meurtre : Dan-homè.

5.    A partir de Nikki, les princes Wassangari généralement Boo et plus rarement Haoussa ou Batonou ont fondé une multitude de royaumes reconnaissant la suzeraineté de Nikki. Ainsi en est-il des royaumes de Kandi, de Tourou, de Kouandé, de Kika, de Wassa-Kika, de Wassa-Kpéhounco, de Bassila, de Gogounou, de Guéné, de Kalalé, de Kilomgbè, de Bouka, de Gbassi, etc. Ici, nous avons une sorte de régime féodal avec une hiérarchie fortement marquée entre les rois différents des chefs de terre.

Au total, au plan linguistique et administratif, nous avons les trois groupes culturels suivants :

1)    Le groupe Adja-Fon

2)    Le groupe Nago-Yorouba

3)    Le groupe Mandé-Gur-Peul avec les Wassangari et les chefs de terre de l’Atacora.

Chaque groupe a une histoire particulière et peut se reconnaître d’une culture qu’il lui faudra développer. En s’organisant de manière autonome, ils pourront comprendre la manière la plus rationnelle, la plus humaine et la plus moderne de s’unir et de s’entraider dans leur territoire commun qui aujourd’hui se dénomme République du Bénin. Comment procéder à cette organisation historiquement culturelle et linguistique, voilà ce qu’il convient aux démocrates révolutionnaires de réfléchir dans le cadre d’une émancipation complète de l’ensemble des peuples du Bénin.

Le rapport du Secrétariat Exécutif du Parti Communiste du Bénin au Troisième Plénum du Comité central issu du Congrès constitutif (1980) et intitulé "Le mouvement réel de l’histoire" a pu indiquer l’histoire des formations économiques et sociales de notre pays jusqu’à la colonisation par la France. Ce même rapport a pu indiquer la nature de la colonie, les frustrations pour ses peuples ainsi que l’usage d’un droit dit coutumier pour faciliter l’œuvre de domination du colonisateur. Cet ensemble de choses joint à ce qui précède permet de comprendre les problèmes réels de nos peuples. A l’exploitation économique de la colonie, il faut ajouter la domination linguistique et culturelle qui a commencé beaucoup plus tôt par endroit avec l’islamisation du nord du pays. Des déformations sérieuses ont été introduites dans l’histoire réelle des peuples et de leurs Etats tant par le colonisateur que par certains souverains acquis aux causes étrangères qu’il convient de rectifier de sorte à établir notre dignité et notre fierté à appartenir à l’espèce humaine émancipée et civilisée.

Cotonou, le 05 septembre 2008

 

Pascal FANTODJI

 

Président du Conseil d’Administration de l’INIREF.

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A PROPOS DES SUBVENTIONS AUX ROIS
Politique

LE GOUVERNEMENT DU Dr BONI YAYI

SAIT-IL ECOUTER SON PEUPLE ?

 

Un communiqué du conseil des ministres tenu le 05 septembre 2008 a rendu publique la décision du gouvernement d’allouer des subventions aux autorités religieuses et aux chefferies traditionnelles. Ce communiqué intervient à quelques jours de la tenue d’un certain Forum des rois convoqué pour le 11 septembre 2008 et préparé sous la direction du gouvernement.

Tout citoyen béninois quelque peu averti des revendications actuelles des rois et chefs traditionnels du Bénin et qui a suivi le compte rendu de ce conseil extraordinaire des Ministres réuni sous la présidence de Boni Yayi devrait être pris de colère et d’indignation. Voici pourquoi.

Depuis août 2004, les intellectuels traditionnels du Bénin dont les rois et chefs de terre se sont réunis pour la première fois avec l’aide de l’INIREF pour marquer une prise de conscience de leur statut depuis l’indépendance nominale de notre pays. A l’issue de cette réunion, ils ont constaté ce qui suit :

- Ce sont les Rois et Chefs de terre, entourés des hounnon, des tassinon et bokonon qui font le travail quotidien d’administrateurs et de juges locaux en tant que dépositaires des us et coutumes, de la tradition donc de la culture, pendant que l’administration laissée par le colon demeure étrangère aux populations et les étouffe parce que faite en langue et en culture étrangères françaises.

- Ce sont les guérisseurs traditionnels qui continuent de soulager, soit de façon alternative, soit en complément de la médecine occidentale, les populations par leur encadrement médical, les centres de santé officiels étant soit ignorants des faits psychologiques des populations, soit non compétents pour certaines maladies, soit encore et souvent matériellement et financièrement inaccessibles pour la majorité des populations.

- Ce sont les chasseurs traditionnels ou les jeunes (les ‘donkpè’) organisés par village et par zone qui assurent véritablement la sécurité des biens et des personnes contre les bandits, les voleurs et les coupeurs de route.

Depuis cette prise de conscience, les Rois probes et les autres intellectuels traditionnels n’ont cessé de saisir toutes les occasions pour répéter leurs revendications au gouvernement de Boni Yayi. C’est ainsi qu’en août 2006, de façon particulière et spectaculaire, les Rois du Bénin, du Nord au Sud comme de l’Est à l’Ouest se sont décidés pour la reconnaissance de leur rôle de chef et ont saisi directement le Président Boni Yayi par une lettre cosignée par les plus représentatifs parmi eux pour lui signifier leurs revendications pressantes en des termes bien précis. Il est demandé au Président Boni Yayi de prendre sans délai des décrets pour les mesures ci-dessous :

-      La reconnaissance officielle des cliniques des guérisseurs traditionnels en tant que centres  de santé publique ;

-      La reconnaissance officielle des chasseurs traditionnels comme forces de sécurité publique et de défense du territoire ;

-      La reconnaissance officielle des rois et chefs de terre en tant que juges et administrateurs dans leurs localités ;

-      L’instauration de l’autonomie administrative locale ;

-      L’instruction des adultes et des enfants en leurs langues maternelles respectives et la suppression par conséquent des Nouveaux Programmes d’Enseignement.

-      La mise à disposition auprès des rois des précepteurs pour leur instruction en leurs langues

 

A maintes occasions ces revendications ont été répétées par les rois et intellectuels traditionnels lors de leurs différentes assises dans le cadre de l’INIREF notamment en septembre 2006, en juillet 2008, en août 2008. Mieux, ils ont mené des combats contre des rois comme les rois de Kika, de Wassa-Péhounco qui vendent leur dignité et celle des mânes de leurs ancêtres pour des subsides. Il s’est opéré une décantation au sein des rois, les ‘voyous’ d’un côté et de l’autre, les véritables rois, probes de plus en plus nombreux et déterminés à défendre la dignité et l’émancipation de leurs peuples.  Ce dont il s’agit sera exprimé clairement par ces véritables rois, c’est la reconnaissance par le pouvoir de Boni Yayi du rôle de juges et d’administrateurs locaux que jouent déjà et quotidiennement les rois et chefs traditionnels au profit et à la satisfaction des populations de leurs localités. Et si pour ce rôle à reconnaître d’abord par décret, l’on veut leur allouer des indemnités, ce ne serait que justice !

Alors quelle signification peut recouvrir l’offre de cent millions de francs CFA que vient d’annoncer le gouvernement de Boni Yayi aux rois et chefs traditionnels sans dire un mot de leurs revendications expresses et clairement à lui notifiées ? Les rois ont certainement besoin de moyens et d’aide du gouvernement. Mais ils ne demandent pas d’aumônes ; ils demandent la reconnaissance de leur rôle d’administrateurs et de juges que l’on peut rétribuer. Alors, l’offre du gouvernement est-ce réellement une aide ? Est-ce le prix pensé par le gouvernement à payer pour "appâter" les souverains pour un succès supposé de son Forum ? Ne serait-ce pas alors plutôt une insulte à la dignité des rois dans la mesure où rien n’est dit de la reconnaissance par décret de leur rôle et travail quotidiens de juges et d’administrateurs locaux ? Pire le gouvernement met sur le même plan et dans la même rubrique les autorités religieuses et les rois. Or il ne s’agit pas des mêmes catégories ; les religieux ne se réclament pas une autorité temporelle et ne jouent pas ce rôle, alors que les rois sont des administrateurs et juges reconnus par les populations dans leurs localités. Tout le monde le sait et l’amalgame fait par le gouvernement est destiné à semer la confusion pour tenter de noyer les revendications légitimes et expresses des rois et chefs de terre. En tout état de cause, que le président Boni Yayi et son gouvernement retiennent bien que leur offre de cent millions ne correspond à rien par rapport aux revendications des rois véritables, dignes des mânes de leurs ancêtres.

Aucune personne respectable et digne, aucun roi ni chef traditionnel digne et respectueux des mânes de ses ancêtres, du trône et du pouvoir qu’il symbolise, ne peut accepter d’échanger cette puissance sociale contre quelque somme d’argent, à moins d’être voyou et apatride, incapable de sauvegarder et de défendre le patrimoine traditionnel, donc indigne de son trône. De même le Forum du 11 septembre convoqué par le pouvoir et ses zélateurs sera nul et de nul effet si les revendications essentielles énoncées ci-dessus ne sont pas prises en compte et immédiatement satisfaites.

 

        Vive l’émancipation des peuples du Bénin !

        A bas les apatrides !

 

                                                               Cotonou, le 10 septembre 2008

 

                                                       Le Conseil d’Administration de l’INIREF

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ADRESSE AUX ROIS DU NORD-BENIN
Politique

ADRESSE AUX ROIS DU NORD-BENIN


         Depuis l’historique conférence du 20 novembre 2004 des intellectuels traditionnels du Bénin, réunie à Parakou, Vous ne cessez de vous mobiliser chaque jour davantage. Ainsi, outre votre participation régulière et massive à la Fête des Peuples qu’organise l’IN.I.RE.F  chaque année, vous avez soutenu massivement la lettre des Rois du Bénin au Président de la République transmise en août 2006.

      Cette lettre qui contient l’essentiel de vos revendications actuelles vous a particulièrement mobilisés à telle enseigne qu’elle a fait l’objet de deux concertations :

-         la concertation de Parakou, le 1er décembre 2007, a marqué le départ de votre détermination à identifier et à éjecter de vos rangs les Rois et autres personnalités royales indignes et corrompues, comme les Rois de Kika, de Kandi et autre Premier Ministre du roi de Nikki, et à vous organiser pour aller de l’avant. C’est ainsi qu’à l’issue de cette concertation vous avez créé la Confédération des Rois du Nord-Bénin ;

-         la concertation de Kouandé, le 23 août 2008 : elle a rassemblé les Rois de l’Atacora, de la Donga et du Borgou. Elle s’est illustrée comme le résultat de la victoire des Rois probes, intègres, patriotes et attachés à leur tradition contre les Rois voyous, corrompus et apatrides tels que le roi de Wassa-Péhounco qui a tenté par tous les moyens d’empêcher votre réunion.

 

 Cette deuxième victoire a permis de mieux compactifier vos rangs et de donner du tonus à votre organisation par le rappel de vos revendications posées au Gouvernement du Président Boni YAYI qui ne daigne pas encore  les résoudre. Il s’agit de :

-         la reconnaissance officielle des cliniques traditionnelles en tant que centres de santé publique ;

-         la reconnaissance officielle des chasseurs traditionnels comme forces de sécurité publique et de défense de territoire ;

-         la reconnaissance officielle des Rois et Chefs traditionnels en tant que juges et administrateurs dans leurs localités ;

-         l’instauration de l’autonomie administrative locale ;

-         la suppression des Nouveaux Programmes d’Etudes avant la rentrée scolaire 2008-2009 ;

-         l’instruction des adultes et des enfants en leurs langues maternelles respectives.

 

Ces revendications sont bien connues du pouvoir qui n’en fait rien. Elles sont également bien connues des différentes autorités qui n’en font pas non plus cas. Mais seule votre pression continue et amplifiée par la défense ferme de ces revendications à toutes les occasions et rencontres avec les gouvernants garantira leur prise en compte jusque dans la prochaine constitution.

Déjà par vos actions et votre port ainsi retracés, vous donnez l’exemple aux autres groupes de Rois du pays qui ne tarderont pas de se mobiliser et de mieux s’organiser pour vous emboîter le pas. Vous avez alors le devoir de persévérer et de garder le cap dans cette juste voie de la réhabilitation de votre dignité en tant que dépositaires de nos riches traditions, de la libération culturelle et de l’émancipation complète de nos peuple.

C’est ce faisant que vous renouez avec la lutte entamée par KABA et BIO GUERRA.

Dans votre organisation unitaire actuelle dans laquelle vous vous mobilisez au nord, vous ne cessez de faire référence au royaume de Nikki qui a été et demeure le centre unique qui administrait tout le Borgou historique béninois jusqu’à l’agression coloniale française. De même, votre organisation unitaire rappelle bien la mobilisation générale unitaire de vos pères ou grands-pères qui, derrière KABA ou BIO GUERRA, se sont levés dans un assaut populaire pour tenter de jeter bas le joug colonial étouffant et exploiteur installé. Continuez dans ce sens sans hésiter à éjecter de vos rangs tout élément porteur du germe de division pour la réhabilitation effective de votre identité historique, culturelle, ainsi que de celle de vos administrés.

      Il est important que vous sachiez  que le combat que vous avez ainsi déclenché ira plus vite et mieux si vous y mettez chaque jour un plus de vaillance et de conscience. Celle-ci vous fera exhumer et découvrir des faits et actes historiques cachés, tus ou déformés au profit des colons d’hier et des dominateurs d’aujourd’hui. Par exemple, saviez-vous que Boucombé et environs appartenaient au Togo, alors allemand , et que c’est par la suite que cette région est passée au Bénin en échange de la région de Tado afin certainement de la séparer des autres royaumes Adja-fon qui se reconnaissent comme spirituellement attachés à elle? De même, pendant longtemps et on ne sait à quelle fin, BIO GUERRA a été présenté comme de nationalité batonou alors que ce dernier est de nationalité boo. N’est-ce pas là une tentative de diviser les peuples pour les dominer ? Ainsi peut-on apercevoir l’importance que prend la restitution consciente des faits et vérités historiques déformés ou tus par les ennemis des peuples. Cela permettra de mettre fin aux frustrations entretenues pendant longtemps et de compactifier l’unité des peuples contre leur ennemi commun. Il saute aux yeux que c’est à ce prix que vous assumerez, en tant que dépositaires du patrimoine culturel et historique, le combat que vous menez et ferez ainsi honneur aux mannes de nos ancêtres.

 

                   En avant pour le combat émancipateur !

                            Honte aux apatrides et traîtres !

                            La victoire est  certaine !

                                                                            Cotonou, le 5 septembre 2008

 

                                                                      Jérôme O. NOMA

                                                        Membre du Conseil d’Administration de l’INIREF                                                                      

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FORUM POPULAIRE 1
Politique

FORUMS POPULAIRES

Nouvelle série n° 001

Directeur de publication : Hounkpati C. CAPO

Rédacteur en chef ; Jean Kokou ZOUNON

Date : 29 août 2008                              01 BP 2582 – Tél. : 21300322


Sommaire

- Editorial                                                           p. 1

- Actes  du 20ème Forum des Forums                               p. 1-10

 

- Communiqué final du 20ème Forum des Forums                    p. 1-2

 

- Textes introductifs au 20ème Forum des Forums                             p. 3-6

 

- Motions et résolutions  du 20ème Forum des Forums                      p. 6-10

 

 - Actes de la Concertation des Rois du Nord-Bénin

    à Kouandé                                                             p. 11-13

 

- Réponse à ‘La Nation’ sur sa compréhension

        erronée de la ‘position de l’INIREF’                             p. 13-14

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LA FLAMME 293 294
Politique

LA FLAMME

Numéro double 293-294

31ème année

Rédacteur en chef : Philippe NOUDJENOUME

Date : 22 août 2008                              01 BP 2582 – Tél. : 21300322

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Sommaire

 

 

- Editorial :  Appliquer fermement les directives "d'Anti-Manuel" pour réaliser la révolution imminente                                      pp. 1-2

 

- Démos, lève-toi !                                                               p. 3

 

- La Tactique de l'heure : Pour une Assemblée constituante en vue d'une nouvelle Constitution                                                               pp. 3-6

 

- Anti-Manuel ou Critique de la théorie et de la pratique actuelles des grands bourgeois : contre la "guerre silencieuse" et pour une nouvelle époque révolutionnaire au monde                                                                                                pp. 6 à 22

 

- Port pour l'émancipation des peuples aujour-d'hui sous le couvert de "l'Anti-Manuel" : éthique et esthétique de l'époque actuelle                                                                                                pp 22 à 30

 

- Thèmes de lois constitutionnelles                                                                                                                                                pp. 30-33
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DEMOS LEVE TOI !
Politique

PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)

01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)

Tél. :21 35 02 95/97 68 88 73 – Site : www.la-flamme.info

 

DEMOS, LEVE-TOI !

 

Pendant que le peuple a faim, pendant que l’école s’écroule, pendant que l’avenir de la jeunesse est sombre et que celui du peuple s’est assombri, les gouvernants, accrochés à leurs intérêts, s’amusent et se jouent du peuple.

 

D’un côté, le clan de Boni Yayi avec le gouvernement, au parlement, à la cour constitutionnelle et à la cour suprême, agrippé à leurs intérêts sordides, prend des mesures les plus arbitraires, menace tout en se "foutant" royalement des libertés et du sort des travailleurs et de la jeunesse. De l’autre, les chefs et ténors de G4, G13, Force-clé, dans leur course et volonté du "partage du gâteau", organisent manigances sur manigances sans se préoccuper des exigences populaires.

 

Les contradictions entre les deux camps autour du partage du gâteau sur le dos du peuple ont désormais, au vu et au su de tout le monde, débouché sur des empoignades. Outre les "coups de poing" à la conférence des présidents au Parlement, le monde entier a assisté aux tambourinades à la séance du 14 août 2008 des députés du clan opposé au gouvernement pour se faire entendre raison face au clan de l’exécutif.

 

On sait que l’enjeu de ces travaux est la destitution du président du parlement, Mathurin Nago, homme lige de Boni Yayi. A cet effet, le clan des G13, G4, Force-clé avait déposé un projet de résolution qu’il a voulu retirer et y substituer un autre. Le clan présidentiel, ayant observé que la première résolution l’arrangeait, s’oppose au retrait et arguant du fait que la première résolution avait été déjà enregistrée, veut la mettre en discussion. Ce que les députés G13, G4 et autres rejettent en demandant une motion de procédure et en organisant, face au refus de Nago, la tambourinade pour bloquer la poursuite des travaux. Ainsi, les questions de forme cachent des questions de fond : l’affrontement entre deux forces au sommet au sein de la haute bourgeoisie pour le pouvoir aux fins du partage du gâteau.

 

On a vu tout de suite le président de l’Assemblée, Mathurin Nago, dans un communiqué public, condamner le camp G4, G13 etc. de « trouble à l’ordre public au parlement et d’indiscipline ». Que veut faire maintenant, Boni Yayi contre des députés au parlement pour mettre fin au trouble à l’ordre public ? Crie-t-il au trouble afin de justifier l’appel à l’intervention des Nations Unies ? Que fera de son côté le camp des G4, G13 et autres ? Les coups de force ont commencé déjà par des empoignades. Jusqu’où iront-ils de part et d’autre ?

 

Ce qui est certain, on sait que ni les coups d’Etat ni les interventions de forces extérieures dites d’interposition ou de paix n’ont jamais aidé à la résolution des problèmes fondamentaux du peuple. Ils ont servi à imposer sous couvert  "d’hommes neufs" des agents au service des ennemis des masses populaires.

 

Or, les problèmes du peuple du Bénin, après les mouvements révolutionnaires de 1989-1990 et tout au long des luttes depuis lors, se sont précisés, synthétisables en projets de lois tout aussi précis. Aucun des deux clans au sommet ne touche ces problèmes principaux et pressants des masses populaires pour leur émancipation, comme l’instruction dans les langues nationales sans exclusive, la publication de tous les accords, l’autonomie administrative locale avec le pouvoir réel aux rois et intellectuels traditionnels qui l’exercent déjà, etc. On sait et on dit à juste titre que ces deux camps sont comme « blanc bonnet, bonnet blanc».

 

            Il est bien connu que le Parti Communiste du Bénin avec toute la démocratie révolutionnaire a synthétisé et publié ces exigences en treize thèses, base d’une nouvelle constitution, populaire.

 

La question à l’ordre du jour, c’est le combat du peuple pour se donner un pouvoir qui traduise en décrets ces exigences pour leur mise en œuvre. Alors, comme l’a écrit l’hebdomadaire catholique "La Croix au Bénin" dans sa dernière parution, nous disons : Démos (peuple), lève-toi !

 

                         Cotonou, le 15 août 2008

                       Le Parti Communiste du Bénin

 

Transmis par laflamme le 16 August 2008 à 18:28:40 (522 lectures)
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